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Drame des Écrins : les images de l'intervention des secouristes en haut du glacier blanc

Dans un communiqué, le procureur de la république de Gap, Raphaël Balland, a fait le point, ce mercredi soir, sur l'enquête en cours suite au drame survenu mardi, en fin de matinée, dans la voie normale de l’ascension du Dôme des Écrins. Il a coûté la vie à 7 personnes (trois Tchèques et quatre Allemands) pris sous une avalanche à plus de 3900 m, au lendemain de chutes de neige conséquentes.

Il s'agit là du bilan le plus lourd depuis la terrible avalanche de la crête du Lauzet survenue le 23 janvier  1998 entre Crots et les Orres. Elle  avait coûté la vie à 11 personnes.

Ci dessous, les photos du travail du PGHM et du SMUR lors de leur intervention. Des photos qu'ils ont mis en ligne tout en présentant leur condoléances aux familles :*

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Le procureur y indique que l'audition, ce mercredi, de la seule survivante du drame, une femme hospitalisée à Briançon,  devrait conduire à un classement sans suite.  Cette femme, Allemande de 36 ans, est, par ailleurs, très choquée: L'une des victimes était son compagnon et père de leur jeune enfant.
Le procureur indique que les randonneurs étaient bien équipés mais qu'ils ont fait le choix de ne pas écouter les recommandations du gardien du refuge des Écrins qui a souligné le risque d'avalanche suite à la quantité de neige fraîchement tombée. Les 3 Tchèques et les 4 Allemands, la plupart pères de famille, sont quand même partis à l'assaut du Dôme des Écrins, contrairement à un groupe d'Espagnols qui a renoncé et a,ainsi, probablement, échappé à la mort.

On apprend aussi dans ce point que, finalement, aucune famille ne se rendra à Briançon pour récupérer les corps qui sont actuellement au centre funéraire du Briançonnais. Les corps seront rapatriés directement dans les prochains jours à la demande des proches. Les services de l'Etat s'étaient préparés, avec la Croix Rouge, à cet accueil.*

Après ce nouveau drame qui poursuit la triste série noire de drame de la montagne cette année avec plus de 30 morts dans le seul département des Hautes-Alpes, les autorités refusent la "fatalité" à l'image des propos à écouter ci dessous du Colonel Flagella, commandant le groupement de Gendarmerie des Hautes-Alpes et du Capitaine Colombani, patron du PGHM de Briançon;

(Photos de l'intervention mis en ligne par les secouristes du PGHM)

Le communiqué

Dans le cadre de l'enquête préliminaire diligentée par le procureur de la République du tribunal de grande instance de GAP (Hautes Alpes), les enquêteurs du Peloton de Gendarmerie de Haute Montagne de BRIANCON ont entendu en fin d'après midi la jeune femme allemande de 36 ans , seule rescapée de l'avalanche qui a tué sept hommes (trois Tchèques et quatre Allemands) le 15 septembre 2015 en fin de matinée sur la commune du PELVOUX (Hautes Alpes) au Dôme de neige dans le massif des Ecrins.

Il résulte de cette audition et d'autres éléments recueillis par les enquêteurs que :

- les trois cordées (2 Allemands + 3 Allemands + 3 Tchèques) étaient autonomes, composant trois groupes bien distincts ;

- la cordée composée de deux Allemands était conduite par un guide professionnel de haute montagne, sans que l'on sache à ce stade s'il était accompagné d'un client ou d'un ami ;

- toutes les victimes étaient expérimentées et dotées du matériel adapté pour ce genre de sortie en période estivale ;

- le gardien du refuge des Ecrins où avaient dormi les cordées des 3 Allemands et des 3 Tchèques avait déconseillé aux alpinistes ayant passé la nuit au refuge de poursuivre leur course sur le Dôme des neiges en raison des risques d'avalanche : il a été écouté par un  groupe d'Espagnols qui a abandonné, mais pas par les 3 Allemands et les 3 Tchèques qui, rejoints par la cordée des 2 autres Allemands, allaient être emportés par l'avalanche.

Par ailleurs, aucune famille des hommes décédés ne se déplacera à BRIANCON (Hautes Alpes) : les corps seront rapatriés directement dans les prochains jours à leur demande.

La jeune femme survivante est d'autant plus choquée que l'une des victimes était son compagnon et père de leur jeune enfant. La plupart des hommes décédés étaient pères de famille.

Judiciairement, l'enquête devrait aboutir rapidement à un classement sans suite par le procureur de la République de GAP, dans la mesure où la seule survivante n'avait aucun rôle d'encadrement ou d'organisation qui aurait pu participer à la survenance de ce tragique accident.

Le procureur de la République du tribunal de grande instance de GAP ne peut qu'espérer que ce nouveau drame, survenu dès les premières chutes de neige, aura au moins pour effet d'inciter chacun à davantage de prudence dans la pratique de la montagne.

 

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