home_page_natura-park_sept_2017.jpg

Elysée D!CI - le billet du colporteur : parle plus bas, les parrains pourraient nous entendre !

Chaque semaine durant cette campagne électorale 2017, Jean
 
Beveraggi, tels ces colporteurs qui autrefois transportaient

marchandises et nouvelles d'une ferme, d'un hameau, d'un village

à l'autre, viendra vous livrer quelques réflexions sur les coulisses

de cette Présidentielle. Un billet au ton parfois décalé, souvent

dubitatif, mais toujours placé sous le signe de la bonne humeur.

N°4 Parle plus bas, les parrains pourraient nous entendre !

 

C'est une histoire corse, celle qui est censée répondre à cette question

 

qui interpelle dans cette « île de beauté » si dévote : pourquoi de nos

 

jours y a-t-il plus de baptêmes que de mariages dans nos églises ?

 

Tout simplement parce qu' il est plus facile de trouver des « parrains »

 

que des « témoins » ...

 

Trêve de plaisanterie, allez donc demander à ceux qui postulent au

 

fauteuil de Président si cela est si aisé de trouver un parrain quand on

 

entend briguer les suffrages des électeurs.

 

Depuis samedi nous savons qu'ils sont donc 11 sur la ligne de départ.

 

Onze à avoir récolté les fameuses 500 signatures de parrainages

 

requises. Ils étaient plus de 45 000 élus, parlementaires, députés

 

européens, maires, conseillers régionaux ou départementaux,

 

présidents d'intercommunalités, à pouvoir délivrer le précieux sésame.

 

Près d'un tiers d'entre-eux, 14 296 très exactement, ont usé de ce

 

privilège républicain. Et il n'est pas inintéressant de constater que 72,

 

6 % de ces parrains sont des élus communaux si l'on en croit les

 

statistiques du Conseil Constitutionnel.

 

Alors, la grande nouveauté qui consiste cette année à rendre publique

 

cette liste de parrainage ne va-t-elle pas poser quelques problèmes

 

dans le 04 et le 05 où respectivement pas moins de 82 et 68 élus se sont

 

mouillés en paraphant le fameux sésame.

 

Je m'explique : un maire de petit village n'a pas souvent pour

 

habitude lorsqu'il se présente devant ses électeurs de le faire sous la

 

bannière d'un parti. En zone rurale, c'est le règne des SE (Sans

 

Etiquette), des DVD (Divers Droite) et des DVG (Divers Gauche).

 

Que vont penser alors les électeurs d'un village comme Rousset, petite

 

perle perchée sur le Mont Soleil au-dessus du barrage de Serre

 

Ponçon, en constatant que Catherine Saumont, leur charmante maire,

 

a permis à l'égérie de Lutte Ouvrière d'être candidate. Et de marteler

 

son programme d'extrémiste de gauche dont le projet de « voir

 

régulariser tous les sans-papiers  et accueillis tous les migrants à bras

 

ouverts ».

 

A Rousset, Nathalie Arthaud avait obtenu… 0 voix en 2012 . Et la

 

droite avait dépassé la barre des 60 % au premier Tour, Sarkozy

 

l'emportant au second avec plus de 54 % . Même constat pour les

 

législatives qui suivirent puisque - fait rare pour être souligné -

 

Chantal Eyméoud avait battu là Joël Giraud de près de quatre

 

points…

 

Rousset n'est assurément pas la seule « anomalie » si je peux me

 

permettre l'expression. Consulter la liste des parrains de nos deux

 

départements et établir une comparaison avec la sensibilité politique

 

majoritaire lors de précédents scrutins dans nos communes amènent à

 

cette question : désormais, lorsqu'il postule au fauteuil de maire, un

 

candidat devra-t-il clarifier son positionnement sur l'échiquier

 

politique national ?

 

D'aucuns me diront qu'en tant que citoyen chacun peut avoir son

 

opinion. Oui, c'est un fait. Mais devenir parrain pour un futur - ou

 

future - président(e) au titre de premier magistrat d'une commune

 

devrait peut-être amener à respecter ses propres électeurs…

 

A bon entendeur… Le Colporteur vous salue bien !

Elysée D!CI
politique