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Hautes-Alpes / Isère : pas de mariage mais les intentions sont dites

"Parler d'une seule voix", c'est ce qu'ont dit et répété tout au long de leur conférence de presse Jean-Marie Bernard, le Président des Hautes-Alpes et Jean-Pierre Barbier, Président du conseil départemental de l'Isère.
Pas de fusion à ce stade, d'autant que c'est juridiquement impossible. Mais la volonté d'un travail en commun sur des sujets aussi importants que divers : les routes (91, 85, 75) le train, et le tourisme avec ce joyau commun qu'est le parc national des Ecrins. La culture, avec cette année Lesdiguières, qui est commune aux deux départements.

Et c'est d'une seule voix que les élus sont allés dans la foulée présenter leur doléance au préfet de région.  A l'instar de ce qu'on fait les Savoie en mettant en commun des domaines d'intervention, le 05 et le 38 se sont retrouvés un peu comme un vieux couple qui a décidé de se mettre à nouveau en ménage.
Ce 28 mars 2017 sera peut-être un jour et une date historiques comme l'a été 1790 pour la création des Hautes-Alpes. Pas de mariage encore, on en était aux déclarations d'intention.

Reste à publier les bans d'ici quelques années. "Un mariage à l'essai", ont conclu les deux présidents au micro de D!CI TV.

Hautes-Alpes/Isère : Pas de mariage mais les... par dicitv31

Communiqué de presse :

Aujourd’hui, en marge d’une rencontre avec le Préfet de massif et Préfet de la Région PACA, les Présidents des Départements de l’Isère et des Hautes-Alpes, respectivement Jean-Pierre Barbier et Jean-Marie Bernard, se sont rencontrés afin de préciser les contours d’une coopération renforcée. Rapprochés depuis la reconstruction du tunnel du Chambon, les deux collectivités ont accru leur collaboration et veulent aller plus loin dans leur entente. Routes, tourisme, culture… de nombreux champs de travail communs s’ouvrent pour gagner en efficacité.

Une évidence : travailler ensemble sur les problématiques de transport

L’entretien des routes et le déneigement sont des domaines sur lesquels les Départements ont naturellement des liens réguliers qu’ils peuvent renforcer.

Au premier rang desquels, la RD 1091 reliant Vizille à Briançon qui requiert une modernisation pour fluidifier le trafic et améliorer la sécurité. Une étude a été lancée et les deux Départements ont sollicité du Préfet de Région le soutien de l’Etat une fois les conclusions rendues sur les travaux prioritaires à engager. Les deux Départements souhaitent également travailler de concert sur les RD1075 et RN85 afin d’améliorer la liaison sud-nord. Les Présidents ont également sollicité l’appui de l’Etat et l’attribution de crédits dédiés.

Des partenariats pourront aussi être amorcés pour la gestion de la viabilité hivernale, les deux départements ayant tous deux un important kilométrage de routes de montagne à déneiger chaque hiver.

En terme de transport ferroviaire, les deux collectivités en appellent à la mobilisation de l’Etat et des Régions pour garantir la modernisation et la pérennité des dessertes ferroviaires du Massif indispensables au désenclavement des territoires de montagne, à leur dynamique de développement économique et touristique, et répondre aux grands enjeux du XXIème siècle.

Aller encore plus loin en matière de tourisme et de culture

Au-delà de l’évidente action routière, existent d’autres terrains de partenariat comme le tourisme ou la culture.

Sur le tourisme, la coopération déjà existante autour du Parc national des Écrins pourrait être renforcée. Des politiques communes et cohérentes de promotion touristique pourraient être aussi montées pour valoriser de manière globale la destination alpine hors Savoie.

En matière de culture, une réflexion sera engagée sur une convention pluriannuelle de coopération culturelle comme il en existe déjà une entre les Hautes-Alpes et les Alpes de Haute-Provence. Un portage commun de grands projets culturels ferait aussi sens pour mener des opérations d’envergure sur les deux départements.

De manière globale, ces partenariats vont permettre de gagner en capacité d’action et permettre également de réduire les coûts des actions menées.

 

Le travail réalisé autour de ce terrible épisode qu’a été la crise du Chambon nous a permis de comprendre combien une coopération entre nos deux départements était absolument nécessaire dans un certain nombre de domaines, dont celui des axes de transport. Tant les Haut-Alpins que les Isérois attendent de notre part que nous fassions mieux et plus efficace avec le peu d’argent qu’il nous reste de l’État. D’où l’importance d’unir nos forces et nos moyens pour réaliser des actions très concrètes au service de nos populations et des vacanciers qui séjournent très régulièrement dans nos territoires », explique Jean-Marie Bernard, Président du Département des Hautes-Alpes.

Nous ne voulons pas nous mettre des œillères car les Hautes-Alpes sont de l’autre côté du Chambon. Administrativement nous sommes coupés, mais nous avons tant à gagner à nous rapprocher qu’il serait aberrant de ne pas le faire. Aujourd'hui les conditions administratives ne sont pas réunies pour parler de fusion, il n'empêche que nous voulons travailler ensemble», insiste Jean-Pierre Barbier,

Président du Département de l’Isère.

 

 

Article précédent :

Vers une fusion à terme des Hautes-Alpes et de l'Isère. La perspective que nous vous révélions il y a deux mois se confirme et trouvera une première illustration ce mardi soir . Les deux présidents Jean-Marie Bernard pour les Hautes-Alpes et Jean-Pierre Barbier pour l'Isère seront à Gap ce soir pour acter un premier partenariat. Une première étape qui pourrait être suivie de beaucoup d'autres jusqu'à une éventuelle fusion qui ne manquera pas de déchaîner les passions dans le 05 partagé depuis toujours entre l'identité dauphinoise et provençale.

Le département des Hautes-Alpes n'échappe pas en effet , comme la plupart des départements, aux problèmes financiers. La situation budgétaire devient très tendue. Si cette année les habitants échappent à une hausse d’impôt, elle paraît inévitable pour l'année prochaine. Ce ne sera pas aussi fort, mais il faudrait une augmentation de 50 % des impôts pour que le département retrouve ses marges de manœuvre. D'où cette démarche  qui vise à envisager un "rattachement" à un département bien plus riche, celui de l'Isère comme nous vous le révélions il y a deux mois . En fait, il s'agit dans un premier temps  de travailler sur une mutualisation accrue. La fusion est en effet impossible à ce stade car deux départements de deux régions administratives différentes ne peuvent se rassembler en état de la loi. Il faudrait pour y parvenir d'abord changer de région administrative puis fusionner. Jean-Pierre Barbier, président du conseil départemental de l'Isère, et Jean-Marie Bernard, président de celui des Hautes-Alpes, seront ensemble ce mardi à Gap pour évoquer cette mutualisation entre les deux départements en particulier au niveau des routes et du  train.

Cette perspective de mutualisation (et de fusion à terme) pose entre autres des questions identitaires. En effet, de tout temps, les Hautes-Alpes ont été partagées entre la Région Rhône-Alpes, dont fait partie l'Isère, et la Région Provence-Alpes-Côte-d'Azur. A titre d'exemple en matière judiciaire, la Cour d'Appel est toujours à Grenoble, alors même que le préfet de Région est celui de Marseille.

Les pieds dans les Alpes, mais le regard vers Marseille, les Haut-Alpins ont toujours été partagés sur ce sujet.

Autant dire que c'est une débat très sensible qui est ouvert comme en témoignent les nombreux témoignages que nous avons recueillis depuis 2 mois.

D'aucuns avaient proposé un regroupement des Hautes-Alpes et des Alpes-de-Haute-Provence qui se ressemblent tant, à l'image de ce qu'ont réalisé les deux Savoie. En effet, dans les Alpes du Nord, chaque département continue d'exister mais une assemblée commune a pris en charge la responsabilité, par exemple, du tourisme. Problème, on n'a guère senti d'enthousiasme sur cette fusion du côté des Alpes-de-Haute-Provence et Digne-les-Bains, et guère plus dans celui des Hautes-Alpes sur le thème : "avec deux pauvres, on ne fait pas un riche".

Au bout, les plus partants d'une fusion "Alpes du Sud" sont les élus des communes frontalières du 04 et du 05 ; le maire de Sisteron ou les élus de l'Ubaye. Dans les Hautes-Alpes, on est partagé. Dans le Dévoluy, le Champsaur et le Briançonnais, on serait plus partant pour un rapprochement avec l'Isère. Quant à Gap et dans le Buëch, on a plus d’atomes crochus avec Marseille.

Question identitaire, question économique, c'est un important débat qui s'ouvre aujourd'hui. Avec, pour arbitre, le département de l'Isère qui aura à faire savoir son intérêt ou pas pour cette fusion avec les Hautes-Alpes, le plus haut département de France mais aussi l'un de ceux au budget le plus faible et où les marges de manoeuvre deviennent de plus en plus délicates..

 

 

 

 

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