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Alpes du Sud : interpellé par les agents du Parc du Mercantour avec 2600 brins de génépi !

Un cueilleur de génépi a été interpellé ces dernières semaines dans le Parc National du Mercantour avec 2600 brins !  Autant dire qu'on est loin de la seule consommation familiale ou pour les amis !
Le cueilleur en possession des 2600 brins comparaîtra devant le tribunal. Une telle quantité lui aurait permis de préparer en effet pas loin de 65 litres de liqueur de génépi !

Sur 70 contrôles effectués ces 3 dernières années par les agents du Parc du Mercantour sur les sites à forte pression de cueillette, 58 irrégularités ont d'ailleurs été constatées à l'issue desquelles 14 procédures pénales ont été menées (amende, saisie de la cueillette)

La saison estivale est en effet, on le sait, synonyme pour beaucoup de montagnards de... cueillette de ce fameux génépi, cette plante qui ne pousse qu'en haute altitude et avec laquelle on fabrique la liqueur avec selon l'adage pour un litre 40 jours, 40 brins, 40 sucres même si beaucoup ont leur propre dosage. Cette tradition montagnarde perdure même si les plantations artisanales qui se sont faites ces dernières années rendent sa cueillette un peu moins massive. Dans cette période, le rappel à la prudence est de mise pour éviter les accidents souvent dramatiques que l'on connaît presque chaque année.

Quant aux règles de ramassage, elles ont évolué au fil des années. Elles ne font plus à présent la distinction entre les gens du pays et les autres et sont assez draconiennes quant aux quantités : 80 brins maximum et seulement au mois d'août. Il est bon aussi de rappeler qu'il faut couper proprement ce génépi (surtout ne pas arracher) et toujours laisser quelques brins fleuris sur la touffe. Un dernier problème se pose pour les amateurs... Où se procurer l'alcool nécessaire à la fabrication de la liqueur ? Les pharmaciens n'ont plus le droit d'en vendre, sauf à payer des taxes. Résultat : les amateurs se débrouillent comme il peuvent... quitte à aller bien souvent en Italie.

Bref, une belle tradition montagnarde que celle du génépi mais à pratiquer...et à consommer avec modération !

 

Le Parc National du Mercantour rappelle les règles de cueillette

La cueillette des plantes, et en particulier du génépi, est historiquement interdite en coeur de Parc. Depuis 2013 cependant, la récolte de certains végétaux est possible dans un cadre réglementaire strict. Périodes de cueillette, quantités prélevables, secteurs de prélèvement, si les amateurs de liqueur ont aujourd'hui la possibilité d'agrémenter leur digestif de brins de génépi du Mercantour, c'est avec modération et respect des écosystèmes. 

Une cueillette historiquement interdite, pour la préservation des espèces

Depuis la création du parc national en 1979, la cueillette était strictement interdite dans la zone coeur, quelle que soit la plante et la période. Le prélèvement par les habitants locaux de certaines espèces dans des quantités limitées, destinées à la consommation dans un cadre familial, était toléré, sans être pour autant autorisé. La réforme des parcs de 2006 a permis d’assouplir ce régime de protection, ce qui a été fait en 2013 dans le Parc national du Mercantour.

Une cueillette aujourd'hui possible, mais strictement encadrée

En effet, depuis 2013, la cueillette de certaines plantes et de certains fruits est devenue possible, sans discrimination de l'origine des cueilleurs, mais dans des conditions strictes, nécessaires au respect des écosystèmes et à la pérennité de ces espèces sur le territoire. C'est ainsi que la cueillette de génépi, camomille du Piémont, baies ou encore champignons est autorisée, dans des quantités strictement limitées et des périodes et secteurs précisément délimités :
- Camomille du Piémont (Achillea erba-rotta) - Cueillette de 100 tiges maximum par personne du 1er au 31 juillet côté Alpes-Maritimes. Cueillette strictement interdite côté Alpes-de-Haute-Provence,
- Génépi, Artemisia glacialis (G. des glaciers), Artemisia umbelliformis (G. blanc) , Artemisia eriantha (G. à fleurs cotonneuses) - Cueillette de 80 brins maximum par personne, uniquement du 1er au 31 août.
- Baies (myrtilles, framboises, fraises des bois et mûres) - Récolte d'un volume équivalent à 1 litre maximum, uniquement du 1er août au 15 septembre. L'usage de peigne ou d’un autre outil de cueillette est interdit pour ne pas endommager la plante ou prélever des fruits encore verts.
- Champignons - Prélèvement maximum d'un volume équivalent à 5 litres par personne et par saison de fructification, toutes espèces comestibles confondues.
Attention, la cueillette du Génépi noir dit « Génépi vrai » (Artemisia genepi) reste strictement interdite en raison de sa rareté.

Dans tous les cas, la récolte des plantes doit se faire avec un outil tranchant afin de ne pas abîmer ou arracher le pied, et il faut  laisser quelques tiges fleuries pour ne pas mettre en cause la survie et la reproduction du plant. La cueillette doit par ailleurs être réalisée à plus de 250 m des routes ou pistes ouvertes à la circulation publique, pour éviter le pillage des ressources les plus accessibles. Des restrictions nécessaires au maintien des espèces. Cette réglementation permet de contribuer au maintien de certaines traditions culinaires ou médicinales montagnardes, qui font partie de la culture locale.

Les restrictions des quantités prélevées permettent cependant de garantir un usage de consommation familiale, et évitent le pillage des ressources à des fins commerciales. Les autres restrictions (outillage, périodes..) doivent garantir parallèlement le respect des écosystèmes et favoriser le maintien et une répartition satisfaisante de ces plantes, dont certaines sont fortement patrimoniales et nécessaires à la survie de la faune sauvage (les tétras-lyres sont par exemple friands de myrtilles).
On constate malheureusement que certains ne semblent toujours pas avoir compris l’importance de partager la ressource, de préserver son renouvellement et de respecter les règles de la cueillette.

Sur 70 contrôles effectués ces 3 dernières années par les agents du Parc sur les sites à forte pression de cueillette, 58 irrégularités ont pu être constatées à l'issue desquelles 14 procédures pénales ont été menées (amende, saisie de la cueillette). Pas plus tard que cette année, un cueilleur en possession de 2600 brins de génépi a été interpellé. Une telle quantité lui aurait permis de préparer pas loin de 65 litres de liqueur de génépi : on est bien loin d'une consommation familiale et de l'esprit de la réglementation ! Ce type de comportement absolument inadmissible nuit à tous les cueilleurs et aux dispositions de souplesse prises par le Parc national pour autoriser une cueillette respectueuse des écosystèmes.
Le Parc national du Mercantour en appelle donc à la conscience citoyenne de tous les cueilleurs ; si la pression de prélèvement sur les génépis et la camomille se maintient à son niveau actuel, c’est toute la ressource qui va s’épuiser à très court terme.

De ce fait, un seul mot d'ordre : respectez les règles de la cueillette et n’en abusez pas.

Le génépi en montagne, source de cueillette intempestive, est parfois dangereuse. Certains accidents de montagne sont causés par le génépi, situé en crête et difficile d'accès. De plus, on ne fait pas ce qu'on veut avec lui. Il existe 4 types de génépi, et une seule est interdite à la cueillette. Rodolphe Papet, du Parc National des Ecrins, nous en dit plus  :

D!CI TV : La cueillette du génépi, une pratique... par dicitv31

2600!