Les grands bains

Hautes-Alpes / 3+4 de Briançon : les prévenus dénoncent la "connivence de l'Etat avec les groupes fascistes"

Le procès des "3+4" de Briançon a débuté ce jeudi matin au tribunal de Gap. Comme annoncé par les sympathisants, environ 750 personnes ont fait le déplacement pour soutenir les sept personnes poursuivies pour "aide directe ou indirecte en bande organisée à l'entrée irrégulière d'étrangers sur le territoire national". Les faits remontent au 22 avril dernier, lors de la contre-manifestation à la frontière franco-italienne entre Clavière et Briançon. Près de 200 personnes s'étaient mobilisées, dont une vingtaine de migrants, pour répondre à l'opération de la veille du groupe d'extrême droite Génération Identitaire qui avait symboliquement fermé d'une barrière la frontière au col de l'Echelle.

Aujourd'hui, deux Suisses, une Italienne et quatre Haut-Alpins comparaissent devant les juges et risquent dix ans de prison et 750 000 euros d'amende. Le procès a pris une ampleur internationale ces dernières semaines, d'où la présence 750 personnes dans Gap ce jeudi. Les services d'ordre ont été déployés autour du palais de justice et à des points d'accès stratégiques d'entrée dans Gap.

A la mi-journée, une suspension d'audience a permis aux prévenus de sortir du tribunal. Mathieu et Benoît, deux Briançonnais inculpés, ont pris la parole sur le perron du palais de justice :

Sur place, des personnalités, comme le président de la Cimade Christophe Deltombe, et le politicien Philippe Poutou :

Dans l'après-midi, une manifestation s'est organisée dans les rues de la ville, grosse de 500 personnes. Le maire Roger Didier avait fait passer un tract la veille, incitant les commerçants du centre-ville à "retirer du domaine public tout support ou mobilier extérieurs pouvant servir de projectile", compte-tenu "des risques de désordre et de débordement possibles".

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