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Crise Franco-Italienne : le député Giraud range au placard l'équivalent de la Légion d'Honneur qu'il avait reçue

Voilà un sujet qui nous concerne directement tant en Ubaye que dans le Briançonnais. Alors que tout le monde se satisfait de la qualité des relations franco-italiennes de part et d'autre du col de Larche ou du Montgenèvre, la situation devient très tendue entre nos deux états.

Le ministère de l'Intérieur a annoncé ce jeudi avoir rappelé l'ambassadeur de France en Italie "pour consultations". La France dénonce une série de "déclarations outrancières", "d'attaques sans fondement" et sans "précédent" de responsables italiens.

Symboliquement, le député des Hautes-Alpes Joël Giraud a décidé de ne plus porter sa décoration de commandeur de la Stella d’Italia, l'équivalent de la Légion d'Honneur , et ce tant que le gouvernement actuel sera en place.

Issue par sa grand-mère paternelle d’une famille italienne de confession réformée vaudoise, fervent initiateur dès 1989 des coopérations décentralisées avec l’Italie, principal soutien aux côtés de Michel Vauzelle alors Président de la Région PACA, de l’Eurorégion Alpes Méditerranée, avant d’être à l’origine de la macro-région Alpine qui regroupe toutes les Régions européennes du Massif Alpin de Monaco à la Slovénie, le député Joël Giraud avait été fait commandeur de la Stella d’Italia, ordre le plus élevé de reconnaissance de l’État italien aux non-ressortissants transalpins, en 2012 par le Président de la République Italienne, Giorgio Napolitano en marge de son discours devant l’Assemblée Nationale.

« Devant les nombreux dérapages antisémites notamment des leaders du Mouvement soi-disant citoyen Cinque Stelle au pouvoir, et après l’inadmissible visite de soutien à Paris aux extrémistes du mouvement des Gilets Jaunes du Vice-président du Conseil Luigi di Maio, qui constitue une ingérence surréaliste dans les affaires intérieures françaises », le rapporteur général du budget a décidé de ne plus porter cette décoration tant que le gouvernement actuel sera au pouvoir en Italie.

 

AVEC AFP

"La France a fait, depuis plusieurs mois, l’objet d’accusations répétées, d’attaques sans fondement, de déclarations outrancières que chacun connaît et peut avoir à l’esprit", peut-on lire dans le communiqué du ministère.

Luigi Di Maio rencontre des gilets jaunes.

La rencontre mardi en France du vice-président du conseil italien Luigi Di Maio, chef de file du Mouvement 5 étoiles (M5S, antisystème), avec des gilets jaunes a fait déborder le vase. il a annoncé sur les réseaux sociaux avoir rencontré des responsables des gilets jaunes, en concluant: "Le vent du changement a franchi les Alpes. Je répète : le vent du changement a franchi les Alpes".

Dernièrement, l'Italie s'est fortement attaqué à la France, notamment au sujet du Franc CFA, parlant de "taxe coloniale". Le franc CFA est la monnaie de plusieurs pays africains et les associe à l’euro. La polémique a débuté avec Luigi Di Maio, accusant l'Hexagone d'appauvrir l'Afrique et d'être à l'origine du drame des migrants en Méditerranée. Vient ensuite le tour du ministre de l'Intérieur Matteo Salvini, qui a jugé que les intérêts énergétiques de Paris sont en conflit ouvert avec ceux de son pays.

"Une situation grave qui interroge".

Matteo Salvini, patron de la Ligue et homme fort du gouvernement italien, a dit espérer que le peuple français se libère bientôt d'un "très mauvais président", des propos totalement inédits entre responsables de pays fondateurs de l'UE. "Avoir des désaccords est une chose, instrumentaliser la relation à des fins électorales en est une autre", a poursuivi la porte-parole.

Matteo Salvini tente d'organiser un front européen de l'extrême droite contre les pro-européens incarnés notamment par le chef de l'Etat français en vue du scrutin du 26 mai. "La campagne pour les élections européennes ne saurait justifier le manque de respect de chaque peuple ou de sa démocratie", a souligné Agnès von der Mühll.

"Tous ces actes créent une situation grave qui interroge sur les intentions du gouvernement italien vis-à-vis de sa relation avec la France", a-t-elle insisté.

 
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