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Migrants : les membres de "génération identitaire" mis en demeure par la préfecture de stopper "leurs agissements néfastes" à la frontière

Dans un communiqué très ferme, la préfète du département des Hautes-Alpes met en demeure les membres du mouvement d’extrême droite "Génération Identitaire" de stopper "leurs agissements néfastes" à la frontière.

Dans un communiqué,la préfecture indique que 8 membres de ce mouvement ont une nouvelle fois, dans la nuit de samedi à dimanche, tenté de se faire passer pour des supplétifs des services de l'État. Les forces de l'ordre leur ont donné ordre de stopper immédiatement leurs agissements néfastes, qui ne servent à rien dans la lutte contre l'immigration irrégulière, et constitue au contraire une entrave pour les services de l'Etat dans la bonne réalisation de leur mission et ne font qu'exacerber les tensions autour de la question migratoire. L'ensemble du groupe a déclaré quitter les lieux en fin de la nuit du 28 au 29 avril. Ils n'ont plus été observés à la frontière haut-alpine depuis, indique encore la préfecture.

Après leur action au col de l’Échelle le samedi 21 avril, le mouvement avait déjà revendiqué être intervenu dans la montagne pour conduire jusqu'aux forces de l'ordre des migrants qui tentaient de s'introduire en France depuis Italie dans la nuit du 26 au 27 avril à Montgenèvre. Le parquet de Gap avait fait savoir que l'enquête ouverte avait été classée sans suite faute d'infractions constatées.

 

Le communiqué de la préfecture des Hautes-Alpes:

Hautes-Alpes / Mouvement Génération Identitaire. Pendant quelques jours, des membres du mouvement Défend Europe/Génération identitaire (GI) ont conduit une opération de communication à la frontière franco-italienne des Hautes-Alpes visant à faire croire qu’ils contribuaient à la lutte contre l’immigration clandestine.
La préfète des Hautes-Alpes réaffirme que la mission régalienne de contrôle aux frontières relève des seuls services de l’État (police aux frontières, police nationale, douanes, gendarmerie nationale). En aucun cas cette mission ne concerne GI, qui n'est en rien habilité à agir dans ce domaine.
Les forces de l'ordre présentes à la frontière haut-alpine l'ont, à plusieurs reprises, très clairement signifié aux membres de GI.
8 membres de ce mouvement ont une nouvelle fois, dans la nuit du 28 au 29 avril, tenté de se faire passer pour des supplétifs des services de l'État. Les forces de l'ordre leur ont
donné ordre de stopper immédiatement leurs agissements néfastes, qui ne servent à rien dans la lutte contre l'immigration irrégulière, constitue au contraire une entrave pour les
services de l'Etat dans la bonne réalisation de leur mission et ne font qu'exacerber les tensions autour de la question migratoire.
La police aux frontières leur a aussi rappelé de manière très stricte la possibilité de poursuites en fonction de leurs agissements.
GI a ainsi été empêché de poursuivre son action. L'ensemble du groupe a déclaré quitter les lieux en fin de la nuit du 28 au 29 avril. Ils n'ont plus été observés à la frontière haut-alpine depuis lors.
Les services de l'État restent extrèmement vigilants.

 

Le col de l'Echelle, vous le savez, avait  été bloqué par des anti-migrants. Ils étaient 80 à la frontière franco-italienne. Leur but : s'opposer à l'entrée de migrants en France, mais aussi de l'Europe. De nombreuses nationalités étaient représentées dans cette lutte (Italie, Hongrie, Angleterre, Allemagne, Danemark). Un membre de Génération Identitaire expliquait la raison de ce blocage :

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Une centaine de militants du mouvement d’extrême droite Génération identitaire (GI) montaient samedi matin au col de l’Echelle (Hautes-Alpes), point de passage de migrants depuis plusieurs mois, pour en « prendre possession et veiller à ce qu’aucun clandestin ne puisse rentrer en France ».
Ce col, qui culmine à 1 762 mètres et est situé à six kilomètres de la frontière, est un « point stratégique de passage des clandestins » depuis l’Italie, a fait valoir un porte-parole de GI, Romain Espino, en dénonçant « un manque de courage des pouvoirs publics ». « Avec un petit peu de volonté, on peut contrôler l’immigration et les frontières. »

Le groupe de militants, composé majoritairement de Français, compte aussi des Italiens, Hongrois, Danois, Autrichiens, Anglais et Allemands.

« Frontière symbolique »
Après une ascension commencée après 9 heures, en raquettes sur la neige, ses membres prévoient de matérialiser une « frontière symbolique » à l’aide de grillage en plastique de chantier et de passer la nuit au col. Il s’agit d’« expliquer aux migrants éventuels que ce qui n’est pas humain, c’est de faire croire à ces gens qui traversent la Méditerranée ou les Alpes enneigées que ces parcours ne présentent aucun risque. C’est faux », a déclaré Romain Espino. « Ils ne vont pas trouver l’Eldorado, c’est immoral. Ceux qui en payent les frais, ce sont les Français », a-t-il ajouté.

Depuis un an, les Hautes-Alpes connaissent une augmentation exponentielle d’arrivées de jeunes, majoritairement de Guinée (Conakry) et de Côte d’Ivoire (pourtant première puissance économique d’Afrique de l’Ouest). Ces nationalités arrivent loin devant celles des autres migrants, très majoritairement ouest-africains. Selon la préfecture, 315 personnes en situation irrégulière ont été refoulées vers l’Italie en 2016 et 1 900 en 2017.

La pression migratoire reste « forte »
La pression migratoire reste « forte » à la frontière franco-italienne dans son ensemble, a indiqué vendredi soir le ministre de l’Intérieur Gérard Collomb, rappelant que 50 000 non-admissions avaient été prononcées en 2017. « Nous avons décidé de renouveler les contrôles aux frontières pour six mois », a-t-il ajouté devant les députés lors des débats du projet de loi asile immigration, texte très controversé qualifiée à la fois de « petite loi » par Les Républicains et d’« inhumaine » par la gauche.

Fondé en 2012, Génération identitaire (GI) avait affrété en juillet 2017 le navire C-Star dans le cadre de sa campagne « Defend Europe » en Méditerranée, pour dissuader les ONG de secourir les migrants en mer. Arrivée le 5 août au large de la Libye, l’opération avait pris fin le 17 août. Le mouvement privilégie des actions au fort retentissement médiatique, comme la fabrication d’un mur devant un futur centre d’accueil pour demandeurs d’asile à Montpellier en septembre 2016 ou encore, à l’hiver 2013, des maraudes pour venir en aide aux sans-abris, destinées uniquement aux « Français de souche ».

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