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Libération de Théo, Bastien et Eleonora : 150 manifestants devant le tribunal de Gap pendant l'audience

Théo, Bastien et Eleonora ont été libérés sous contrôle judiciaire. Environ 150 personnes se sont rassemblées pacifiquement ce jeudi après-midi devant le tribunal de Gap alors qu'était examinée par le juge leur demande de mise en liberté. Ces deux militants suisses et cette militante italienne avaient été placés en détention provisoire après la manifestation anti-frontières du dimanche 22 avril. Un rassemblement strictement encadré par les forces de l'ordre déployés en nombre au centre-ville de Gap. Parmi les manifestants, beaucoup se disaient "délinquants solidaires" contestant l'idée d'un "délit de solidarité" et dénonçant toutes les poursuites et condamnations de celles et ceux qui viennent en aide à des personnes étrangères en situation irrégulière :

Théo, Bastien et Eleonora, les militants anti-frontières ont été libérés ce jeudi sous contrôle judiciaire. Le tribunal correctionnel de Gap a pris cette décision en considérant que la situation avait changé depuis le 24 avril concernant le risque de réitération des faits... Ils ont toutefois l'obligation de fixer leur résidence chez des personnes ayant remis des attestations d'hébergement en France, l'interdiction de quitter le département dans lequel cette résidence a été fixée et l'interdiction de s'exprimer sur les réseaux sociaux.

 

Communiqué de presse de Monsieur Raphaël BALLAND, procureur de la République près le TGI de Gap :

Dans l'après-midi du 3 mai 2018, le tribunal correctionnel de Gap a décidé de faire droit à la demande de remise en liberté des trois prévenus en indiquant qu'il estimait que la situation avait changé depuis le 24 avril concernant le risque de réitération des faits.

De fait, dans ses réquisitions, le parquet s'était félicité que les manifestations postérieures au 24 avril n'avaient pas connu les mêmes débordements dans le département des Hautes-Alpes que dans les jours précédents la comparution immédiate, tout en espérant qu'il s'agissait d'une véritable volonté d'apaiser localement la situation et pas uniquement la conséquence du dispositif important et dissuasif de sécurité mis en place par l'autorité administrative.

Pour autant, le parquet avait requis le maintien en détention en l'absence selon lui d'autres éléments nouveaux suffisamment déterminants pour modifier la précédente décision de placement en détention provisoire, et dans l'attente de l'audience en appel initialement prévue à la cour d'appel de Grenoble le 9 mai prochain.

Avec ces libérations, ces appels interjetés devant la cour d'appel de Grenoble deviennent donc sans objet.

Toutefois, le tribunal a placé les trois prévenus sous un strict contrôle judiciaire avec notamment l'obligation de fixer leur résidence chez des personnes ayant remis des attestations d'hébergement en France, l'interdiction de quitter le département dans lequel cette résidence a été fixée et l'interdiction de s'exprimer sur les réseaux sociaux.

Le procès sur le fond du dossier devant le tribunal correctionnel de Gap est maintenu au 31 mai 2018 à 8h30.

 

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