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Tunnel du Parpaillon : polémique entre les élus

Polémique autour du tunnel du Parpaillon. Une pétition a été lancée par Alain Delanoye, adjoint au maire de La Condamine-Châtelard contre sa fermeture. Le sujet a été évoqué par le département des Hautes-Alpes (qui gère la moitié de la route) suite à une nouvelle réglementation européenne pour les tunnels de plus de 500 m du réseau routier Trans Européen. 3 solutions sont proposées : sa fermeture, sa remise en état pour 1 million d'euros de budget ou son maintien réservé à la circulation douce comme les vélos. Dans sa pétition, Alain Delanoye interpelle la présidente de la communauté de communes de la vallée de l'Ubaye Serre-Ponçon, Sophie Vaginay : " A-t-on les moyens de passer sans transition de ce qui permet de survivre au tout vélo, et de se priver de cette manne financière ? Je vous réponds sans sourciller : "non madame !" déclare l'élu. Une invective que regrette la Présidente de la CCVU d'autant que ce n'est pas dans le champ des compétences de la collectivité :

Le communiqué et le courrier de la présidente de la CCVUP

Une fermeture du tunnel du Parpaillon ? Ce qu'il faut savoir.

Il y a quelques mois, Alain Delanoye, conseiller municipal à la Mairie de la Condamine-Châtelard, lançait une pétition en ligne et a saisi la Présidente de la Communauté de Communes Vallée de l'Ubaye Serre-Ponçon en juillet dernier sur la problématique de l'ouverture du mythique Tunnel du Parpaillon aux véhicules motorisés.

S'agissant de l'exercice des compétences et pour rappel, La CCVUSP est compétente en matière d'activités de pleine nature dont la mobilité douce.

La commune est compétente pour l'entretien de l'ouvrage et de la voirie, l'autorisation de la circulation des véhicules relève d'un arrêté du Maire.

Vous pouvez prendre connaissance de la réponse apportée à Monsieur Delanoye :

Cher Monsieur,

J’ai bien reçu votre courrier public sous forme de réquisitoire relatif à la sécurisation du tunnel du Parpaillon que vous m’avez adressé via les réseaux sociaux.

Avant d’aborder le fond du dossier, permettez-moi d’indiquer, sur la forme, que vous ne m’avez jamais demandé de rendez-vous, ni adressé de courrier ou même questionnée lorsque nous nous sommes rencontrés.

Je ne peux que regretter votre invective faite de généralités, d’approximations et d’idées reçues.

Afin d’être constructive, je souhaite retracer un rapide historique de ce dossier et indiquer les éléments précis sur la réflexion que les élus communautaires mènent sur ce sujet.

En préambule, le tunnel du Parpaillon a été construit par l’armée entre 1892 et 1900. Il est implanté dans les Hautes-Alpes au nord et dans les Alpes de Haute- Provence au sud. Il permet le passage sous le Col du Parpaillon qui culmine à une altitude de 2 783 mètres, reliant la commune de Crévoux au nord sur environ 280 m à celle de La Condamine-Châtelard coté sud sur 230 m.

L’accès au tunnel à partir de Crévoux se fait par la Route Départementale, qui est une piste non revêtue de 11 km depuis le hameau de La Chalp en assez bon état.

A partir de La Condamine-Châtelard, l’accès est également une piste non revêtue classée dans la voirie communale sur une longueur d’environ 10 km depuis la Chapelle Sainte Anne en mauvais état.

En conséquence, l’entretien de l’ouvrage et de la voie d’accès en Ubaye est de la compétence communale. Coté Embrunais, la compétence est départementale.

En Novembre 2014, une réunion s’est tenue en mairie de La Condamine. Le conseil départemental des Hautes-Alpes était représenté. Le sujet était la nouvelle règlementation européenne pour les tunnels de plus de 500m du réseau routier Trans Européen.

Selon le Département des Hautes-Alpes, le tunnel du Parpaillon entrait dans cette règlementation.

Les Hautes-Alpes ont alors proposé 3 solutions à la commune de La Condamine :

o Fermeture définitive du tunnel,
o Réalisation des travaux imposés par la réglementation (coût évalué à 1 million d’euros),
o Déclassement du tunnel réservé uniquement à la mobilité douce.

La CCVUSP, qui n’est pas propriétaire du tunnel, a toutefois été sensibilisée par le Maire de la Condamine. La collectivité a donc décidé de lancer avec l’Embrunais et le Guillestrois une étude sur la mise en sécurité du tunnel du Parpaillon dans une optique d’exploitation en mode « doux ». Cette étude a été réalisée dans le cadre d’un programme européen VéloViso.

Le 19 décembre 2017, la Conseil Communautaire a délibéré, afin de valider la demande de transfert du projet « mobilité douce en Parpaillon » de la mairie de la Condamine vers la CCVUSP, uniquement pour réaliser une recherche de financement pour la sécurisation du tunnel au vu des conclusions de l’étude.

Contrairement à ce que vous affirmez, le tunnel du Parpaillon est un dossier pris en charge par les élus communautaires qui en ont parfaitement mesuré l’enjeu.

Je ne peux que regretter l’amalgame que vous faites en opposant les économies complémentaires de la Vallée et l’idée que certains propagent selon laquelle l’argent public serait investi uniquement dans « le ski ».

Enfin, la question de savoir si le tunnel du Parpaillon est accessible aux véhicules motorisés relève de la seule compétence et de la responsabilité de la commune dont vous êtes élu et adjoint. En effet, le tunnel est propriété de la commune. Par ailleurs, l’entretien et la sécurisation de la voirie d’accès communale sont des questions toutes aussi importantes, si ce n’est plus, que le tunnel lui-même.

Je reste à votre disposition pour évoquer le sujet.

Recevez mes salutations.

La Présidente,
Mme Sophie VAGINAY.

Pétition