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Hautes-Alpes : retour sur les visites ministérielles de ce jeudi : anecdotes... et questions


Les responsabilités du député Joël Giraud à l'Assemblée Nationale n'y sont pas pour rien : jamais les Hautes-Alpes n'avaient accueilli autant de ministres en aussi peu de temps. C'était à nouveau le cas ce jeudi avec deux ministres d'importance d'un coup : le ministre de l'Education et celui de la Cohésion des territoires.

Le rapporteur général des finances a réussi à faire venir en effet dans nos belles montagnes le 1er ministre, le ministre des Sports, l'ancien président de l'Assemblée Nationale, deux ministres différents des collectivités locales, le ministre de l'Education... au point où l'on se demande si ce ne serait pas de bon ton de faire un jour un Conseil des ministres décentralisé en zone rurale, et de montagne, dans les Hautes-Alpes ! Ce serait d'ailleurs un beau message adressé aux territoires ruraux.

S'il est appréciable de voir des ministres sur le terrain et à l'écoute, la question des résultats se pose de fait aussi.

Et en la matière, c'est bien moins satisfaisant. En effet, les sujets sensibles du territoire n'évoluent que très peu, et en particulier ceux relatifs aux transports, à l'image de la desserte et de l'accueil de la clientèle ferroviaire toujours aussi moyenâgeuse. Présent pendant les visites des deux ministres ce jeudi, le maire de la Roche de Rame qui attend depuis...30 ans la déviation de son village, ne pouvait que constater et déplorer qu'il ne se passait rien de concret après ce type de visite.

Parmi les anecdotes de ce jeudi, ce moment à Saint-Martin de Queyrières cet échange :

"Les enfants, avez-vous des questions à poser ?". À cette question du ministre de l'Education Nationale, la réponse n'a pas manqué de faire sourire l'assistance. Un enfant lève alors le doigt et se lance : "Est-ce qu'on va passer sur D!CI TV monsieur le Ministre ?". "Bien sûr, vous passerez sur D!CI TV", leur a répondu Jean-Michel Blanquer !

C'est l'un des moments souriants de cette journée marathon pour le ministre de la Cohésion des Territoires et celui de l'Education. Une journée de jeudi ou malheureusement les médias nationaux n'auront retenu que la réponse du ministre de l'Education sur les allocations familiales et  l'altercation entre "une" gilet jaune et Sébastien Lecornu à L'Argentière. La manifestante avait parlé entre autres de CRS tueurs, "des propos que je n'admets pas" et vous le savez, réagit le ministre presque satisfait de l'aubaine de montrer sa fermeté.

Ajoutons à cela le jeu du chat et la souris avec les gilets jaunes à Gap avec presque plus de gendarmes mobiles que de manifestants puis l'échange avec "les acteurs locaux" sur le grand débat national qui va commencer que nous n'avons pas pu suivre... pistés par les services de la préfecture craignant trop d'avoir le moindre reproche "des pontes" des ministères. Bon...

De ces visites resteront quelques belles séquences que vous avez pu voir sur D!CI, le passage de Jean-Michel Blanquer au Lycée d'Embrun, la discussion apaisée qui a suivi avec les gilets jaunes, le Conseil de la Montagne à Vallouise, l'inauguration de la crèche de la Bâtie Neuve et... peut-être le lancement du grand débat en préfecture... mais on n'y était donc pas, tout comme il a été impossible de réaliser un entretien purement local pourtant prévu pour le journal du soir.

S'agissait-il d'une visite départementale ou d'un prétexte pour  faire seulement "du  national ", la question se pose en particulier pour Sébastien Lecornu. Notre mission étant de traiter des sujets régionaux, la question du principe même de suivre ce type de visite se pose donc, à l'image de la visite du Premier ministre et du même Sébastien Lecornu en septembre où il avait été impossible d'avoir un brin d'entretien à vocation régionale avec l'un et l'autre pour un déplacement (très) onéreux qui n'a quasiment pas été relaté. De notre coté, on ne pouvait en tout cas pas faire mieux que d'insister, en vain, auprès des ministres ou de leur entourage pour qu'ils s'adressent directement aux habitants d'ici.

Les alertes visant à parler aux territoires se multiplient depuis des mois mais, vous l'aurez compris, les usages du passé persistent.  

La journée d'hier aura en tout cas peut-être au moins eu le mérite au regard du traitement des médias nationaux d'alerter le président de ce qui l'attend dans les visites de terrain et rencontres avec les maires qu'il entend engager.

 
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