bannierre proman juin 2017

Alpes de Haute-Provence : mis à pied par l'Éducation Nationale, un instituteur de Barrême se suicide 2 jours plus tard. Le syndicat FO des instituteurs demande l'ouverture d'une enquête

Le sujet est très sensible et douloureux dans ce secteur des Alpes de Haute-Provence. Un instituteur de l'école de Barrême a mis fin à ses jours au début du mois de mai dans des conditions qui suscitent des interrogations et qui conduisent le syndicat national des Instituteurs (SNUDI) Force Ouvrière à demander l'ouverture d'une enquête administrative. Le drame s'est, en effet, produit quelques jours après qu'il a été mis à pied par l'administration de l'Éducation Nationale.

Le mardi 30 avril, l'instituteur est convoqué pour l'après-midi même suite à des plaintes "de parents d'élèves". Au regard des éléments reprochés ou suspectés, il est en tout cas, l'après-midi du 30 avril, suspendu pour 4 mois.

Deux jours plus tard, le vendredi 2 mai, il se suicide.

Que lui était-il reproché ? Quelle est la corrélation entre sa mise à pied et son acte désespéré. C'est ce que veut savoir le syndicat qui demande donc une enquête administrative pour connaître les faits, mais aussi pour rejoindre la volonté de la famille de l'instituteur qui souhaite réhabiliter sa mémoire. Quant au Parquet de Digne-les-Bains, le procureur indique qu'une "procédure est en cours à la suite de la découverte du corps". Stéphane Kellenberger dit espérer pouvoir "pour la famille, apporter des réponses".

On ne connaît pas à ce stade la nature des faits qui lui auraient été reprochés par des parents, si ce n'est le fait qu'il aurait écrit sur un cahier de note "Bravo ma princesse" à une petite fille, mais ce n'est peut être pas le seul sujet. Les enquêtes permettront à priori d'y voir plus clair dans un contexte qui doit "prendre en compte la présomption d'innocence et le temps judiciaire nécessaire pour évaluer, comprendre avec pondération, recul et exactitude, loin de toute préjugé" précise le parquet.  

Ce sont donc deux enquêtes distinctes qui sont en cours : une judiciaire diligentée par le parquet et une administrative avec l'espoir qu'elles permettent de lever la chape de plomb tombée depuis le 2 mai dernier sur le village de Barrême.

Un drame et des questions
Barrême
Alpes de Haute-Provence