FOND_ECRAN_Komilfo_MARS_2017

Retour aux 90 km/h : "satisfaction mais quel gaspillage!" pour les 5 présidents de départements réunis à Gap

Le hasard fait bien les choses, au moment même où le parlement et le gouvernement reviennent sur le passage aux 80 km/h. 4 présidents de département étaient en visite dans les Hautes-Alpes, celui du Jura, du Loiret, de l'Ain et de la Côte d'Or.
D'où une conférence de presse improvisée devant des caméra venues de la France entière. Satisfaction certes mais également regret du gaspillage de l'argent public qui a été à nouveau fait selon eux en mettant en place les 80 km/h puis en décidant aujourd'hui que ce serait les départements qui feraient ce qui leur paraît le plus pertinent sur le réseau secondaire. Parmi les intervenants, Francois Sauvadet, président du Conseil départemental de la Côte d'Or. 

Ils se côtoient régulièrement sur les bancs de l’Assemblée des Départements de France, et en particulier au sein de son groupe DCI. François SAUVADET (Côte d’Or, également Président dudit groupe DCI de l’Assemblée des Départements de France), Clément PERNOT (Jura), Jean DEGUERRY (Ain), Marc GAUDET (Loiret) et Jean-Marie BERNARD (Hautes-Alpes) étaient réunis ce jeudi dans les Hautes-Alpes à l’occasion d’un séminaire de travail, quand le Premier Ministre Edouard PHILIPPE a fait son intervention relative à l’assouplissement de la baisse de la limitation de vitesse à 80 km/h.

Il est en outre question dans ses propos de permettre aux Présidents de Départements de décider de la limite de vitesse sur le réseau secondaire. Mais aussi de la responsabilité des Présidents de Départements et de sécurité optimale sur les routes de France. Des sujets auxquels les cinq Présidents de Départements ne pouvaient être insensibles et ils ont donc poursuivi leur de journée de travail en évoquant et commentant les annonces du Premier Ministre.

L’Assemblée des Départements de France, présidée par Dominique BUSSEREAU, indique de son côté être ‘‘en contact avec Matignon afin d’avoir des précisions et éclaircissements sur les propos tenus par le Premier Ministre.’’

François SAUVADET (Côte d’Or)

‘‘L’abaissement à 80 km/h a été une mesure incompréhensible quand elle a été annoncée. Depuis le début, nous, Présidents de Départements, disons que nous connaissons notre réseau routier. La responsabilité, nous l’assumons au quotidien. Nous prenons tous des arrêtés relatifs à la vitesse sur les réseaux départementaux au quotidien. Nous sommes responsables et nous continuerons à l’être. Mais pour faire en sorte aussi que des aberrations comme je les constate sur l’axe Dijon Beaune - 38 km de distance ; 42 changements de vitesse – n’existent plus, il nous faut une capacité à agir. Les dernières annonces du Premier Ministre vont dans le bon sens. Mais il est dommage qu’on ait eu une crise à passer pour que le Gouvernement se rende compte que le Département existe, qu’il compte et que c’est un échelon de proximité très important.’’

Clément PERNOT (Jura)

‘‘J’ai été, évidemment, parmi les premiers à m’insurger contre la mesure quand elle a été annoncée l’an dernier. Le résultat était attendu. Elle a fait réagir un très grand nombre de nos concitoyens. Et je pense qu’une fois de plus, le Gouvernement ne répond pas de la meilleure des manières. Il aurait dû faire amende honorable et ni plus ni moins que revenir sur sa décision plutôt que de générer, une fois encore, de la confusion entre les territoires.’’

Jean DEGUERRY (Ain)

‘‘Cette mesure avait été prise sans aucune concertation avec les Présidents de Départements et on voit très bien à quoi mène un tel amateurisme de la part du Gouvernement. Cette décision prise unilatéralement à Paris a conduit à une erreur qui coûte cher. Et du coup, il faut faire machine arrière. C’est ce qui se produit aujourd’hui. Il y a eu gaspillage de tout : d’énergie, de temps, d’argent public. C’est inacceptable.’’

Marc GAUDET (Loiret)

‘‘On ne peut pas accepter de nous entendre dire ‘‘vous allez être responsables’’. Nous le sommes déjà et il va falloir que l’État aussi soit très ferme en matière de sécurité routière. Notamment quant à certaines conduites à risques, comme le téléphone au volant ou l’alcool sur la route. Quant au reste, les Présidents de Départements savent très bien ce qu’ils ont à faire.’’

Jean-Marie BERNARD (Hautes-Alpes)

‘‘J’ai été un fervent défenseur des 90 km/h dès les premières annonces d’un abaissement de la vitesse légale, en janvier 2018 avec une mise en application en juillet de la même année. Et j’ai toujours dit que cette décision prise unilatéralement par le Premier Ministre à Paris était valable pour des Parisiens sur le périphérique mais qu’elle posait de graves problèmes dans nos territoires ruraux de province. Les dernières annonces faites par Edouard Philippe doivent être une première étape vers un retour à une situation plus sereine pour les automobilistes’’.

Pff
Gap
Hautes-Alpes