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Hautes-Alpes : le rugby club du Pays briançonnais ne prend pas de congé cet été

L’année prochaine, le RCB sera inscrit en championnat première série au sein de la ligue Auvergne-Rhône Alpes. Aussi, un calendrier déjà bien sportif pour le groupe séniors qui ne fera pas moins de 3 000 kilomètres pour les 9 déplacements au programme. Pour autant, si le club prépare activement la prochaine saison n’en oublie pas son nouveau projet et s’est mis à pied d’oeuvre dès cet été. Le président, Eric Geley, nous en dit quelques mots.

Question : Le club vient de franchir le cap symbolique des 50 années d’existence, un âge qui n’est pas anodin, comment vit-il le poids des années ?
Eric Geley : A priori, le club vit plutôt bien sa cinquantaine. Il est dans la force de l’âge et envisage toutefois quelques changements pour franchir ce nouveau cap. Aujourd’hui, les clubs amateurs font face à des difficultés vis-à-vis de la FFR car il y a de plus en plus d’administratif. Et ce, sans compter sur les difficultés naturelles auxquelles le club doit faire affaire pour recruter des joueurs dans notre bassin de vie. Le club vit bien malgré des conditions de montagne particulièrement difficiles. C’était déjà une sacrée réussite d’avoir atteint les 50 ans. Aujourd’hui, nous sommes le 2ème club collectif de la ville en termes de licenciés. Nous faisons maintenant le pari d’atteindre les 100 ans.

Q : La section féminine et loisir a été tout récemment lancée, quel est votre sentiment par rapport à ce nouveau volet ?
E.G. : Nous nous inscrivons ici dans une volonté de la Fédération de s’ouvrir aux nouvelles pratiques du rugby. Avec cette section loisir à toucher, l’objet est de désacraliser la notion de contact au rugby et ainsi de permettre l’initiation du plus grand nombre sans limite d’âge et pour que tous puissent profiter des valeurs que ce sport véhicule. Pour ce qui est des féminines, nous souhaitons profiter des bons résultats des joueuses de l’équipe de France et surtout ouvrir le rugby à tous les publics. Si ces nouvelles pratiques sont originales, c’est véritablement l’occasion d’ouvrir en grand la porte du club et d’inviter les habitants des vallées du briançonnais à nous rejoindre. Ça a démarré au début de l’été, plutôt bien, avec un noyau dur mobilisé tous les vendredis. On attendra cet automne pour tirer des conclusions sur le succès de l’opération et sur les suites à y donner.

Q : Le club sera en tournée dans toute la vallée cette saison, quel est l’objectif de ces animations ?
E.G. : Dans la même logique que la section loisirs et féminines, l’objet est de faire connaître la présence du club, la possibilité de la pratique dans notre territoire et d’amener les gamins des vallées du briançonnais à faire découvrir notre sport collectif. Aujourd’hui, le club est prêt à mettre en place un système de ramassage, à s’organiser pour mobiliser les gamins et à fonctionner pour leur prise en charge de façon optimale. Cette tournée a pour but de faire découvrir le rugby en lien avec les communes partenaires, pour attirer des jeunes aux infrastructures du club. On se rend compte que des gens ne savent pas qu’un club de rugby existe à Briançon, nous souhaitions les faire venir. La philosophie de notre club est simple : c’est un club tourné vers le social, vers les territoires et vers ses habitants ; nous sommes là pour faire pratiquer un sport collectif, pour véhiculer ses valeurs de partage, de solidarité, de fraternité et d’amitié. Nous sommes persuadés que les valeurs du rugby que sont la solidarité dans la difficulté se prêtent particulièrement à notre territoire de montagne, montagne qui nous met à rude épreuve en permanence.

Q : Cet automne, la coupe du monde de rugby aura lieu au Japon et le XV de France semble avoir du pain sur la planche. Comment comptez-vous profiter de l’effet entrainant de cette coupe du monde et de la visibilité qu’elle donne à votre sport ?
E.G. : On va s’appuyer sur tout un panel d’actions mis en place par la Fédération : beaucoup d’actions seront tournées vers les jeunes et vers l’école de rugby. Dès septembre, avec la semaine de l’école de rugby, nous allons mettre par exemple en place un système qui permettrait à un jeune licencié de pourrait ramener un copain afin de lui faire découvrir la pratique. Pour chaque copain « parrainé », nous pourrions envisager des remises sur les licences par exemples, remises sur des licences qui sont déjà les moins chères du briançonnais... Egalement, à l’occasion des matchs, en parallèle de la création de l’amicale des joueurs, on va en profiter pour faire se retrouver les licenciés pour des repas et des moments festifs.

Q : Nous avons récemment appris l’inscription de votre équipe séniors en première série de la ligue Auvergne-Rhône Alpes. Passer de la quatrième série à la première en si peu de temps, ce n’est pas rien. Aussi, où se situe votre équipe première par rapport à ce nouveau défi ? Quelles sont les ambitions du club pour l’équipe fanion ? Avez-vous des craintes ou des inquiétudes particulières?
E.G. : Nous l’avons appris aussi récemment que vous. Effectivement, nous avons quelques inquiétudes : on va se trouver au niveau le plus haut que le club ait jamais connu. On va de nouveau rencontrer des équipes (comme Echirolles, La Côte Saint-André...) qu’on n’avait pas connu depuis longtemps, mais aussi des adversaires redoutables que l’on connaît mieux comme nos amis de Saint-Jean de Maurienne. Après ces dernières saisons, on se rend compte que le niveau de l’équipe a augmenté et que les ambitions aussi ont changé. Aussi, nous avons quelques départs avec des retraites, des départs professionnels mais nous sommes forts de quelques apports avec une demi douzaine de juniors qui vont intégrer l’équipe avec un très bon état d’esprit et de bonnes qualités techniques. Ces jeunes qui voient les séniors progresser depuis quelques temps avaient hâte de rejoindre l’effectif de la une. Cette année, également en relation avec le GRETA, on a certains employeurs potentiels qui nous ont contacté pour des recrutements, et on propose également des postes, et au-delà du travail on propose une accroche associative qui permet toujours une intégration dans la Cité. Le premier enjeu pour cette saison est tout simplement de se maintenir en première série et de prendre toujours autant de plaisir.

Q : On sait bien que la vie d’un club passe par la visibilité que lui donne son équipe une, mais que la formation et son école de rugby sont primordiales pour sa longévité. Quelle est la feuille de route en direction des jeunes joueurs et joueuses d’aujourd’hui et de demain ?
E.G. : Nous sommes le sport collectif le moins cher du briançonnais pour les jeunes avec une licence à 50€. Pour pouvoir intégrer aux entraineurs de l’EDR des séniors, on a déplacé les entrainements au samedi matin. Pour les catégories jeunes, on les a inscrites à 7 pour pouvoir ensuite sereinement envisager le jeu à XV. Egalement les ententes avec Gap, Embrun et le Queyras ne sont pas totalement exclues, il y a des pourparlers en cours. Nous espérons pouvoir participer positivement aux côtés des autres clubs hauts-alpins pour la structuration d’un rugby amateur ambitieux dans nos territoires.

Q : On voit de nombreux partenariats émerger et s’afficher, que ce soit avec Provence Rugby, avec le Circus Casino de Briançon. Comment le club se situe-t-il vis-à-vis des ces partenaires et quelle place ces partenaires peuvent-ils occuper par rapport au club ?
E.G. : La première chose attendue des partenaires, c’est un soutien financier évidemment, mais c’est également de gagner en visibilité vis à vis de la Région. C’est surtout à l’équipe une d’être à la hauteur de leur soutien, de les tenir informer et pour cela, des soirées partenaires auront régulièrement lieu. Nous proposons à nos partenaires d’utiliser le rugby pour véhiculer leur image et utiliser leur soutien pour nous développer. Nous espérons vraiment que les partenariats comprennent notre vision du rugby et s’y intégreront pour ce que nous avons à leur apporter.

Q : Dans le nouveau projet de club, on a vu des commissions apparaître, des volontés de dynamiser la vie du club, ce qui semble déjà se mettre en place, mais quelle philosophie et quelle vision portez-vous aujourd’hui ? Qu’avez-vous envie d’initier et d’insuffler en tant que Président ?
E.G. : Après une période compliquée au début des années 2010 où les membre du club étaient été usés, fatigués, il fallait aller de l’avant avec les nouveaux moyens qui s’offrent à nous : on vient au rugby pour s’amuser, le club est socialement prêt à aider. Le club veut être autre chose que du sport, il a envie de donner aux gens l’occasion de se retrouver et d’être heureux de se retrouver. Les portes du club sont ouvertes à tout le monde. Au début de l’été, on a remis un chèque à une association venant en aide aux personnes atteintes de handicap, notre volonté sociale n’est pas surfaite. On est un club apolitique, on a juste envie de faire venir les gens pour qu’ils sachent que sur le terrain, ou à côté, ils peuvent choisir de ne pas marcher seul. En intervenant dans les milieux scolaires, on voit des jeunes atteints de trouble de l’attention, de soucis, on a des solutions à leur apporter. Le rugby est un sport à part, mais un sport ouvert à tous. Le rugby doit également être social, on peut être éducateur, arbitre, bénévole, joueur, on est preneur de toutes les différences pour faire un club unique avec une identité et des aspirations fortes.

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