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Hautes-Alpes : "La Région a sauvé l'apprentissage" à Gap souligne le président Renaud Muselier

Hautes-Alpes : Le président de la région Sud Paca, Renaud Muselier, était présent ce vendredi pour assister à l'inauguration de l'école de la deuxième chance à l'Afpa à Gap, en compagnie de la ministre du travail Muriel Pénicaud. Il y a eu un long moment d'échanges avec les jeunes, avec les formateurs, mais aussi avec les entreprises partenaires. Les élus étaient également présents au rendez-vous dont les trois parlementaires haut-alpins, Pascale Boyer, Joël Giraud et Patricia Morhet-Richaud. Le président du département Jean-Marie Bernard était aussi présent tout comme le maire de Gap Roger Didier. Renaud Muselier a rappelé les efforts importants qui ont été consentis par la région pour sauver le centre de formation de Gap qui était quasiment condamné à une fermeture il y a deux ans de cela. Renaud Muselier.

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Voici le discours de Renaud Muselier prononcé ce vendredi à Gap :

Mesdames et Messieurs, bonjour à tous et merci pour votre présence. Cette matinée de visites et d’échanges est très importante pour notre territoire régional. La région est grande et belle, avec ses trois marques monde, la Provence, les Alpes et la Côte d’Azur.
Depuis le début de mon mandat, j’attache une importance toute particulière au respect et à l’accompagnement de chaque territoire. Mais je dois vous dire que j’ai un amour très spécial pour les Alpes. Nous avons déployé des outils comme les Fonds Régionaux Aménagement du Territoire, les Contrats
Régionaux d’Equilibre Territorial, avec les Communes et les Intercommunalités, et les Contrats de Proximité, avec les Départements. Je remercie à cette occasion, Jean-Marie BERNARD, Président du Département des Hautes-Alpes, pour le travail que nous menons ensemble ici.
J’étais il y a quelques jours, au lancement de la Présidence française de la Stratégie de l’Union Européenne pour la Région Alpine (SUERA), à la rencontre des Alpins de l’Europe. Nos problématiques et nos enjeux sont les mêmes, que l’on soit italiens, français ou slovènes. Et ces enjeux sont nombreux comme le développement du numérique, le soutien à l’agriculture, le développement de la mobilité, la valorisation des ressources naturelles ou encore la gestion de la pression touristique. Dans les Hautes-Alpes, nous avons un cadre de vie incroyable, une richesse et une diversité économique et culturelle. Mais nous avons une jeunesse que nous voulons voir grandir et rester dans nos territoires. Dans ce département, 2 259 jeunes de 15 à 29 ans sont sortis du système scolaire, sans emplois, ni formations. Le sens de notre action c’est de donner à tous les jeunes de ce territoire qui en ont l’envie, la possibilité de se former, de développer leur pratique sportive, culturelle et d’être pleinement acteur de la société dans laquelle ils vivent. Pour cela, mon engagement en faveur de l’insertion professionnelle, du développement de formations innovantes et de l’apprentissage, comme filière d’excellence, est total. Seul le prononcé fait foiLes lycées, l’apprentissage et la formation professionnelle sont des leviers pour gagner la bataille pour l’emploi. La bataille pour l’emploi, nous devons la mener ensemble et au service de tous, pour garantir la pérennité de nos emplois, l’ancrage de nos entreprises et
l’attractivité des Hautes-Alpes. Nous avons visité le Centre de Formation et d’Apprentis de Gap et je remercie Monsieur le Directeur, Monsieur Jacques MEYER, pour cette visite et présentation. Avec Yannick CHENEVARD, mon Vice-président, nous nous sommes engagés dès 2015 pour défendre
l’apprentissage comme une filière d’excellence pour tous les secteurs et dans tous les domaines. Le Centre de Formation d’Apprentis de Gap, comme les 58 autres Centres de Formation de la région, a bénéficié d’une subvention régionale en constante augmentation. C’est un Centre de Formation
d’Apprentis exemplaire, qui a créé deux classes préparatoires et qui s’est engagé pour les apprentis en situation de handicap. Deux de vos élèves ont été désignés « Meilleurs Apprentis de France ». Vous êtes sans nul doute l’illustration de la récompense du mérite et du goût de l’effort.
En cinq ans, les effectifs sont en augmentation de 25 %. C’est bien le résultat d’un dynamisme. C’est également un constat d’efficacité, puisque le taux de retour à l’emploi est de 80 % à l’issue du parcours de formation. C’est un bilan incontestable pour un établissement formidable. Il répond aux besoins de son territoire, il est en relation avec le monde économique qui l’entoure et il s’inscrit dans la politique régionale que nous portons. Depuis cinq ans, avec les élus de la majorité, je mène, en effet, une action ambitieuse et déterminée. Les résultats sont les suivants : hausse de 18 % du nombre d’apprentis, soit 35 000 apprentis et pré-apprentis, hausse de 10 % de nouvelles formations.
Nos formations se modernisent vers les métiers de demain comme ceux de l’énergie et de l’informatique. Nous avons créé par exemple des formations de «développeur informatique » pour répondre à une demande forte du marché du travail. Nous encourageons les apprentis à découvrir le monde et surtout l’Europe qui m’est si chère. En effet, depuis 3 ans, on dénombre deux fois plus d’apprentis bénéficient d’une mobilité européenne. Enfin, la Région accompagne ceux qui sont en situation de précarité grâce au Fonds Régional d’Aide aux Apprentis, ainsi que les entreprises via l’aide au recrutement, à l’embauche et à la formation. Personne n’est oublié dans cette politique globale et d’envergure que nous menions encore en décembre dernier pour l’apprentissage. Nous avons visité le site de L’AFPA et je remercie Madame Pascale d’ARTOIS, Directrice Générale et Monsieur Alain MAHE, Directeur Région pour cette visite. La Région accompagne les jeunes, et les moins jeunes sur le chemin de l’insertion et du retour à l’emploi. Par notre commande publique d’achat de formation, nous investissons chaque année 2,7 millions d’euros et rémunérons directement les stagiaires de la formation
professionnelle. Sur ce sujet également, les chiffres parlent d’eux même. Seul le prononcé fait foi. Le taux moyen de sortie positive vers l’emploi est de 63 %, soit une hausse de 17 points en cinq ans.

Notre politique en matière de formation est efficace, concrète, en lien avec les entreprises et surtout tournée vers les territoires. L’AFPA, le centre de formation professionnelle qualifiante pour les adultes, est aujourd’hui notre interlocuteur privilégié à l’échelle régionale mais surtout ici dans les Hautes-Alpes. C’est à la fois un partenaire et un outil d’analyse, d’étude et de réalisation de formations et de stratégie. C’est parce que nous avons conscience de l’importance de son rôle et de ses compétences, ici à Gap, que nous nous sommes mobilisés pour assurer la pérennité de son activité. Il n’était pas concevable, pour le Président de Région que je suis, de priver ce département de montagne et de ruralité d’un partenaire de si grande qualité. Je suis fier, aux côtés de Roger DIDIER, Maire de Gap, et des employés du site, que je vois ici et que je salue pour leur engagement, d’avoir permis le maintien de ce centre, face au plan de restructuration annoncé. Avec un projet alternatif et l’Ecole de la Deuxième Chance, nous envoyons le message d’un ancrage territorial pour mener une action de proximité et pérenniser des emplois, au plus près des besoins. La Région sera toujours au service de l’équité des territoires. Je vois ce magnifique bâtiment « l’éco-cité », que nous venons de visiter, à haute qualité environnementale, conçu à partir de matériaux, en utilisant des énergies renouvelables et je me dis que nous sommes au cœur d’un savoir-faire unique, tourné vers notre « COP d’Avance », le Plan Climat de la Région, auquel nous consacrons 30 % de notre budget. Nous inaugurons l’Ecole de la Deuxième Chance et je tiens à remercier Monsieur le Directeur, Cédric MATHIEU, pour votre accueil. Nous sommes conscients de l’ensemble des réalités, dans la proximité, et à l’écoute des préoccupations quotidiennes, nous allons donc plus loin encore, en direction de la jeunesse. Il faut aujourd’hui apporter une réponse concrète et immédiate aux jeunes de 16 à 25 ans menacés d’exclusion, qui n’ont acquis ni les savoirs, ni les compétences professionnelles nécessaires pour formuler et réussir un projet d’accès à l’emploi. La réponse à une jeunesse en situation de décrochage scolaire est celle de l’Ecole de la Deuxième Chance. Elles apportent une véritable solution car, 61 % des jeunes qui sont à l’Ecole de la Deuxième Chance accèdent ensuite à un emploi ou à une formation qualifiante. Le succès de l’Ecole de la Deuxième Chance de Marseille est indéniable. Elle vient de fêter ses 20 ans. Nous avons ouvert une école dans le Var. L’action de la Région et de l’Etat se concrétise avec l’ouverture de 4 nouvelles Ecoles : dans le Vaucluse, dans une logique de réseau entre Avignon et le Sud Luberon,
dans les Alpes-Maritimes, à l’initiative de Christian ESTROSI, dans les Alpes-de-Haute-Provence, grâce à la volonté de Yannick CHENEVARD et d’Eliane BAREILLE, mes Vice-présidents, dans les Hautes-Alpes, à Gap aujourd’hui avec Roger Didier, Maire de Gap et Vice-président de la Région. Je sais à quel point ce projet lui est cher.
A Gap, 90 jeunes de l’ensemble du département seront accueillis. Ils seront conseillés et orientés, grâce à Pôle Emploi et à la Mission Locale. La Région, à l’initiative du projet, soutien cette école à hauteur de 80 000 euros en 2019 continuera à hauteur de 200 000 euros en 2020. C’est une école ou chacun pourra retrouver un sens à son parcours, une écoute et un espoir. C’est une réinsertion scolaire mais aussi sociale. C’est une deuxième chance parce « rien n’est jamais foutu » d’avance. Notre jeunesse mérite une seconde chance, et quelque part c’est ça l’égalité des chances. Je veux saluer nos partenaires parce que ces résultats sont le fruit d’un travail collectif, sous l’égide de la Région avec le Centre de Formation d’Apprentis de Gap. Je remercie son Directeur, Jacques MEYER, pour la qualité de nos relations et pour l’attention qu’il a porté à s’inscrire dans notre politique régionale, notamment avec la création de deux classes de préparatoires. En trois ans, au-delà du subventionnement annuel de 1,5 millions d’euros, nous avons investi 300 000 euros pour améliorer les conditions d’apprentissage. Avec l’AFPA et je remercie Pascale d’ARTOIS, Directrice générale de l’AFPA et Alain MAHE, Directeur régional, qui permettent la réalisation de formations qualifiantes et innovantes. En 2019, 93 formations sont financées pour un montant de 660 814 euros. Avec l’Ecole de la Deuxième Chance. Je remercie Cédric MATTHIEU, Directeur de l’Ecole de la Deuxième Chance pour le portage de cet établissement d’espoir. En 2020, 200 000 euros vous permettront d’accueillir 90 jeunes. Avec la Chambre des Métiers et de l’Artisanat. Je remercie Jean-Pierre GALVEZ, Président de la Chambre des Métiers et de l’Artisanat. Ensemble, nous construisons des projets d’envergure mais adaptons aussi chacune de nos formations aux spécificités du territoire et des métiers. Avec Pôle Emploi et je remercie Thierry LEMERLE, Directeur Régional et Richard SPINOSA, Directeur Territorial Pôle Emploi des Hautes-Alpes et des Alpes-de-Haute-Provence, avec qui nous avons toujours travaillé main dans la main. Avec la Mission Locale dont je remercie Claudine BRUTINEL, Directrice de la Mission Locale des Hautes-Alpes. C’est une subvention de 270 000 euros qui nous permettra de continuer en 2020 notre travail d’accompagnement et d’orientation des 2 800 jeunes que vous suivez dans les Hautes-Alpes.
Avec la Fédération du Bâtiment et des Travaux Publics. Je remercie Stéphane SCARAFAGIO, Président Fédération BTP 05 et chef d’entreprise qui défend lui aussi une vision de l’apprentissage comme voie d’excellence. Avec l’ensemble des fédérations et branches professionnelles de l’alimentation, l’automobile, la coiffure, la vente, le commerce, la restauration, ensemble, nous sommes mobilisées pour conserver ici dans les Hautes-Alpes nos savoir-faire et pérenniser des emplois. Voilà ensemble ce que nous faisons, la journée d’aujourd’hui en est le parfait symbole. Lorsque je lis dans la presse que les chiffres de l’apprentissage battent des records, c’est vrai. C’est vrai, mais ce sont les résultats des Régions. Entre 2018 et 2019, le nombre d’apprentis en France est en augmentation de 8,4 % avec 458 000 apprentis. Des effectifs de la boulangerie au bâtiment, tous sont à la hausse. Une hausse qui est le bilan de tous les Présidents de Régions. Chacun d’entre nous mène une politique volontariste et est pleinement mobilisé. Au sein de Régions de France, nous portons d’une même voie notre message. Nous voici donc aujourd’hui dans une situation de flou, au milieu d’une année scolaire : les Régions ne sont plus compétentes et ne peuvent plus être les financeurs de l’apprentissage, les centres de formation ne savent pas précisément quels seront leurs moyens financiers, France Compétence, l’organisme financeur des organismes de compétence, a déjà un déficit prévisionnel pour 2020 de 3,6 milliards d’euros. Et pourtant, je suis républicain et j’accepte évidement d’appliquer cette loi que je n’ai pas choisie. Nous devons maintenant clarifier les choses, car, si nous voulons continuer de mener une politique d’efficacité aux services de tous, il nous faut reprendre un dialogue constructif.
Madame la Ministre, donnons-nous, nous aussi, une deuxième chance. Je vous propose une programmation du Fonds Social Européen bien plus pertinente et cohérente que celle mise en place. En fait je demande la gestion uniquement du Fonds Social Européen. Aujourd’hui, les Régions gèrent 35 % d’une enveloppe qui comprend la formation professionnelle, l’orientation, l’accès à l’emploi et la formation des travailleurs. Une enveloppe de 6 milliards d’euros pour l’ensemble des Régions, de 2014 à 2020. Demain, pour cette nouvelle programmation, je vous propose d’élargir le périmètre de l’autorité de
gestion des Régions. La Région doit pouvoir être le guichet unique des Fonds Européens. Les citoyens ont besoin de mécanismes simples et facilitateurs. Cette coordination permettrait de recréer un véritable lien territorial entre les Régions, les Départements et les Plans Locaux pour l’Insertion et l’Emploi qui sont tous des acteurs de l’Insertion. Vous avez compris comme je tiens à faire de la Région un outil au service des territoires, une collectivité centrale et stratégique. Donnez-nous les moyens de créer une véritable logique de parcours :Orientation - Formation -Inclusion - Emploi - Développement économique.
Ensemble, nous serons plus efficaces pour construire une véritable stratégie, accompagnant durablement les bénéficiaires de ces crédits européens. Cette nouvelle répartition de nos missions serait à la fois un premier pas du Gouvernement vers les Régions, dont nous avons besoin pour restaurer la confiance et la reconnaissance de notre mobilisation pour les territoires, au service de l’intérêt général. Madame la Ministre, sachez que l’apprentissage était et restera cher à mon cœur. Médecin, je sais que c’est dans la pratique que l’on apprend mieux qu’ailleurs son métier. Je me réjouis sincèrement du succès de l’apprentissage. Si je n’ai pas choisi la perte de cette compétence, soyez assurée que vous pourrez toujours compter sur mon entière mobilisation pour la réussite de nos jeunes. Je vous remercie.

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