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Hautes-Alpes / Coronavirus : les associations écrivent une lettre ouverte à la Préfète

Les associations alertent l’Etat. Réseau Hospitalité, La Cimade Gap, Le Secours Populaire Français, Le Secours Catholique, JRS France, Tous Migrants, Icare 05 et La Maison Bleue ont décidé d’envoyer une "lettre ouverte" à Martine Clavel, Préfète des Hautes Alpes. Une lettre dans laquelle elles expliquent leur préoccupation sur la crise sanitaire mais également sur la situation dramatique de 23 mineurs. Des jeunes, toujours présents au sein de la maison Césaï à Gap, qui attendent une décision du Juge des enfants afin de pouvoir être  hébergés. Les association demandent aujourd’hui aux pouvoirs publics de les mettre à l'abri.

Lettre ouverte à Madame la Préfète des Hautes-Alpes :

Gap, le 25 mars 2020

Madame la Préfète,

Dans votre courrier du 24 mars dernier en réponse à notre lettre du 13 mars 2020, vous ne répondez pas à notre préoccupation liée à l'épidémie de covid-19 et à la situation dramatique des 23 mineurs qui sont toujours actuellement à la maison Césaï. Lors d'un entretien avec Madame Cécile BIGOT-DEKEYZE, votre prédécesseur, le 30 janvier 2020, nous l'alertions déjà sur la situation inacceptable que vivent ces jeunes.
Ils sont tous scolarisés à Gap ou Embrun et ils sont actuellement dans une incapacité à pouvoir poursuivre leur scolarité à distance dans la situation qui est la leur et leurs enseignants et responsables pédagogiques s'en inquiètent.
Ces adolescents ont déposé pour la plupart un recours auprès du Juge des enfants du Tribunal Judiciaire de Gap et quelques uns ont introduit un appel à la Cour des mineurs de Grenoble. 
Nous nous permettons de vous rappeler que le rapport fait par l'ONG Human Rights Watch en septembre 2019 relevait des dysfonctionnements importants au niveau des évaluations réalisées par le Conseil Départemental des Hautes Alpes. Preuve en est que depuis que les jeunes introduisent un recours auprès du Juge des enfants, un nombre significatif d'entre eux sont reconnus mineurs. 

C'est donc pour toutes ces raisons, Madame la Préfète, que nous vous demandons de prendre en urgence des mesures pour mettre à l'abri ces 23 jeunes. 
La non mise à l'abri de ces mineurs est à l’encontre de la nécessité au niveau national de prendre en compte les populations les plus vulnérables. C’est aussi une question de santé publique : la concentration de nombreuses personnes, dont des mineurs, en un même lieu, est contraire aux consignes données au niveau national ; elle est donc propice à la propagation de la maladie. C’est l’inverse de ce qui est demandé dans le cadre du confinement  
Nous vous demandons instamment de mettre en œuvre la déclaration de Monsieur Adrien Taquet, secrétaire d’État du ministre des solidarités et de la santé : «  Chaque mineur pris en charge par l'Aide sociale à l'enfance et atteignant 18 ans continuera de l'être. Évalué mineur ou majeur, chaque jeune qui le demande sera mis à l'abri. Les services de l’État et des départements sont mobilisés pour s'en assurer. »

Le ton de ce courrier reflète l'importance de nos inquiétudes. Nous restons disponible bien entendu pour tout contact avec vous. Nous vous mettons en pièce jointe la liste des jeunes concernés (avec la date de leur recours auprès du Juge des Enfants ou de leur arrivée à l'ASE 05 après une reconnaissance de leur minorité dans un autre département remise en cause par le CD 05).

Nous vous prions d'agréer, Madame la Préfète, l'expression de nos salutations distinguées.


Les associations :
Le Réseau Hospitalité
La Cimade Gap – Hautes-Alpes 
Le Secours Populaire Français
Le Secours Catholique – Caritas France
JRS France – Antenne des Hautes-Alpes
Tous Migrants
Icare 05
La Maison Bleue
 

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