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Coronavirus : la chloroquine est bien utilisée à Gap, comme à Briançon

La visite du directeur de l'ARS Provence-Côte d'Azur à Gap ce vendredi a été l'occasion de faire un point très complet sur la situation dans nos territoires après 2 mois de pandémie et 32 jours de confinement de la population. L'occasion de faire un point sur l'utilisation de la chloroquine, utilisée aussi à Gap dans certains cas :

Philippe De Mester est revenu sur l'historique de la pandémie dans la région avec  d'abord le "cluster" de Briançon lié au retour des Evangélistes de Mulhouse et saluer la bonne gestion de la situation par le Chicas (Gap ,Barcelonnette, Briançon, Sisteron, Aiguilles, Embrun). C'est parti fort puis heureusement les choses se sont calmées" a t'il indiqué et grâce au confinement qu'il faut plus que jamais poursuivre. Une novelle fois , le directeur de l'ARS a renvoyé le professeur Raoult dans les cordes suite à l'intervention de l'épidémiologiste qui pronostiquait mardi "une extinction du virus au printemps". "Ce n'est pas sérieux" nous a t'il confié tout en se félicitant que nous soyons au début d'une décroissance. Philippe De Mester a aussi ainsi sur un constat: "étonnamment, aucun foyer n'est venu de l'italie voisine ".

Au passage le directeur de l'ARS a fait remarqué sa surprise quant à la densité de la circulation dans Gap ce vendredi : " beaucoup de circulation de véhicules et donc du virus..."

Philippe De Mester ne s'est pas caché pour autant de son pronostic : "la pandémie durera des mois".

 

Parmi les interventions de tous les cadres du Chicas qui étaient réunis autour du directeur de l'ARS ce vendredi à Gap

Le président de la commission médicale a confirmé l'utilisation au sein du Chicas de la Chloroquine selon les prescriptions du ministère et salué "l'intelligence collective qui s'était faite jour à l'occasion de cette crise"

Le Docteur Vicentini, patron des urgence a noté une baisse inquiétante de moitié de la fréquentation tendant à démontrer que beaucoup hésitent à venir se soigner par appréhension de l’hôpital ce qui lui fait craindre, comme au Docteur Delacosten patron de la chirurgie des cas plus graves bientôt. On a l'impression que cette maladie a tuée les autres"...

Le directeur des urgences a noté aussi des pathologies bien contradictoires au confinement comme de la traumatologie du sport ou du bricolage...

Le Chef de la réa, le docteur Simonoviez, a souligné la bonne gestion de la crise avec 28 lits de réa en place contre 8 lits habituellement qui ont me permis l'accueil de deux patients d'Aix en Provence.

Il a surtout souligné que les mesures de précaution avaient porté leur fruit avec aucun cas de contamination dans les personnels du Chicas.

Quant au directeur du Chicas, Yann Lebras,  il a fait un point très précis de la réorganisation et des perspectives.

Les réorganisations mises en œuvre pour répondre à l’épidémie

Le GHT est entièrement mobilisé pour faire face à l’épisode épidémique du Covid-19.

Dans le GHT, la situation, anticipée depuis fin février 2020, est sous contrôle et les hôpitaux se sont préparés à tout type de scenarii. Les institutions se sont fortement organisées grâce à une solidarité absolument générale pour mettre en place des unités et filières dédiées à l’accueil de patients suspects ou confirmés.

Au sein du GHT, le CHICAS (Gap-Sisteron) et le CHEB (Briançon) sont des établissements de 2e ligne. Le CH d’Embrun, le CH Buech Durance (Laragne), le CH d’Aiguilles en Queyras et le CH de Barcelonnette sont des établissements de 3e ligne.

D’abord activés en niveau 2 par l’ARS, le CHICAS et le CHEB ont rapidement mis en place des organisations :

Le SAMU 05 a créé une salle de régulation spécifique pendant 15 jours : dédiée à la régulation des appels COVID, grâce à un renfort infirmiers (sollicitation des élèves de l’IFSI) et l’aide des médecins libéraux (MCS). Près de 400 appels/jour ont été reçus au Centre 15 mi-mars, dont la majorité concernait le coronavirus.

des unités d’hospitalisation dédiée COVID ont été créées ainsi qu’un dispositif ambulatoire pour prendre en charge les cas suspects et positifs.

Chaque SAU de chaque établissement a mis en place une filière COVID dédiée.

Ensuite en niveau 3 depuis le samedi 14 mars, l’ensemble des établissements du GHT a déclenché le plan blanc à la demande de l’ARS. En conséquence, les activités médicales et chirurgicales non urgentes ainsi que les consultations sont déprogrammées. Seules sont maintenues les activités à réaliser afin d’éviter une perte de chance pour les patients non infectés.

En parallèle, et conformément aux indications nationales, le nombre de lits de réanimation su le territoire a été étendu, puisqu’il compte aujourd’hui 33 lits (25 au CHICAS, 8 au CHEB) dont 24 dédiés COVID. En outre, la disponibilité de lits d’hospitalisation spécifiques dans des secteurs COVID+ n’a cessé d’augmenter grâce à une réorganisation sans précédent pour atteindre 130 lits d’hospitalisation COVID sur les différents sites du GHT.

Point épidémiologique

Au plus fort de l’épidémie dans le département (pic constaté le 03 avril 2020) il y a eu 37 patients hospitalisés en simultané au sein des unités de médecine COVID du GHT et 18 en réanimation.

A ce jour il y a 20 hospitalisés en médecine COVID et 13 patients COVID+ en réanimation, au sein des différentes unités du GHT

Près de 1700 dépistages COVID ont été réalisés depuis le début de l’épidémie, dont 172 se sont avérés positifs.

 

Organisation des EHPAD

Des procédures d’isolement des résidents ont été mises en place dans les EHPAD du GHT : interdiction des visites, confinement en chambre et organisation d’activités adaptées. En parallèle des mesures de télécommunication visio ont été mises en place pour leur permettre de rester en contact avec leur famille.

Le GHT a été sollicité (le laboratoire et les équipes soignantes) pour organiser des dépistages systématiques au sein d’EHPAD du département.

Au sein du GHT, l’EHPAD Chabre (CHBD) et Etoile des Neiges (Briançon) ont fait l’objet de dépistage systématique des résidents et du personnel suite au diagnostic COVID+ d’un résident. En lien avec l’ARS une communication réactive à l’égard des familles et des résidents a été mises en place dans un objectif de transparence et de sécurité sanitaire.

Un service de médecine gériatrique dédié à la prise en charge COVID pour des patients atteints de troubles du comportement a été mis en place au CHICAS site de Gap (9 lits) pour les cas nécessitant une hospitalisation.
 

Stratégie diagnostique en biologie

Une réflexion est en cours pour réaliser dans le département des Hautes Alpes des analyses biologiques permettant le dépistage du COVID (ces analyses étant pour le moment envoyées au laboratoire de l’IHU de Marseille).

La principale piste de travail concerne un partenariat entre le laboratoire du GHT et le laboratoire vétérinaire départemental (situé à Gap), qui bénéficie d’un équipement adéquat  qui pourrait être adapté au dépistage du Sras-cov2. Cette collaboration pourrait aboutir dans les prochains jours, et permettrait un rendu de résultat en quelques heures, quand il faut aujourd’hui minimum 12h à 24h, voire 72h dans certains cas. Cette réactivité faciliterait le dépistage massif dans les Alpes du Sud.

L’autre piste de travail concerne l’intégration au sein du laboratoire du GHT d’un automate BD-MAX permettant le diagnostic PCR.

 

Gestion de la situation en lien étroit avec les partenaires du territoire

La réponse à l’épisode épidémique du Covid-19 se fait en lien étroit entre les hôpitaux du GHT et les partenaires de santé du territoire :

La polyclinique des Alpes du Sud (mise en place d’une unité de 15 lits d’aval à la polyclinique, partenariat entre les équipes médicales et paramédicales, renfort en personnel, aide à la gestion des stocks, etc.)

La médecine libérale : notamment via des échanges confraternels réguliers ainsi que l’appui de Médecins Correspondants SAMU (MCS) à la régulation du centre 15

Les établissements de soins de suite et de réadaptation

Les structures médico-sociales

 

Gestion de stocks

Les stocks de masques sont suffisants dans le GHT grâce aux commandes réalisées par les hôpitaux, aux approvisionnements réguliers de l’ARS et aux dons reçus.

Des tensions sur l’approvisionnement se font sentir sur des équipements de protections individuels (EPI) : sur-blouses, casaques… mais des solutions innovantes ont été mises en place : mise en circulation de protections en tissus au lieu de l’usage unique. Une réorganisation importante de la blanchisserie inter hospitalière (fonctionnement jour, nuit, weekend) permet l’entretien de ces EPI comme du reste des vêtements de travail et du linge hospitalier.

 

Concernant les médicaments :

Les pharmacies du GHT ne connaissent pas de rupture de stocks de médicaments, notamment grâce aux synergies du GAPAM (Groupement d’Achats Pharmaceutiques Alpes Méditerranée). Toutefois des tensions importantes sur les approvisionnements, principalement sur les médicaments de réanimation et certains consommables de réanimation (consommables pour respirateurs, etc.).

Le GHT participe à la centralisation de la gestion de stocks au niveau régional.

 

Réflexion concernant le dé-confinement et les prises en charge urgentes 

Les prises en charges non urgentes sont aujourd’hui reportées.

Toutefois, il est également très important de rappeler à la population qu’il faut continuer à se soigner même lors du confinement. Ainsi, les urgences restent ouvertes. Un circuit COVID a été dédié et est strictement séparé des locaux des urgences classiques, sur chaque site du GHT : tout est donc mis en œuvre pour qu’un patient « classique » ne croise pas un patient COVID. Il ne faut pas non plus hésiter à appeler le 15 en cas d’urgence.

Ainsi, il est important que la population ne renonce pas aux soins hors COVID.

Une réflexion est en cours pour organiser la reprise d’activité hospitalière en même temps que du déconfinement de la population.

Des groupes de travail sont en cours en lien avec l’ARS, un thésaurus a été récemment diffusé par l’ARS.
 

Attention portée au personnel hospitalier

En outre, la direction souhaite rendre hommage au personnel des hôpitaux du GHT. En effet, chaque professionnel est particulièrement impliqué depuis le début de cette crise sanitaire sans précédent et, malgré la fatigue inévitable, fait face aux nécessités de manière exemplaire. C’est vrai pour tout le personnel : les médecins et soignants naturellement, mais aussi les techniques, les logistiques, les informaticiens, les administratifs et l’ensemble des métiers de l’hôpital. C’est grâce à l’investissement complémentaire de chacun que l’établissement peut, chaque jour, assurer ses missions auprès des patients.
Le GHT doit également s’adapter aux mesures nationales de confinement pour assurer ses missions. La direction a remis, par le biais de l’encadrement, un laisser-passer permettant de circuler, à l’ensemble du personnel hospitalier. En quelques jours, près de 200 agents ont été placés en télétravail et la télémédecine se développe à grande vitesse. L’innovation est à pied d’œuvre.
Des ajustements parfois difficiles ont dû être actés, la décision de limitation puis de suspension totale des visites étant très lourde à prendre avec un impact humain que l’on sait considérable.

Par ailleurs, les hôpitaux se sont mis en capacité de prendre en charge les patients atteints ou suspectés d’être atteints par le coronavirus, en toute sécurité, avec tous les équipements nécessaires. Nous avons effectivement des masques disponibles grâce à l’action de l’ARS. L’établissement se doit d’apporter la protection maximale à l’ensemble des professionnels dans le cadre de leur exercice. Pour autant, nous veillons à ce que l’utilisation des matériels de protection respecte les règles définies par les autorités sanitaires, dans l’intérêt de tous.
Le soutien au personnel est notre priorité, une cellule d’écoute active est mise en service et des dispositifs de garde d’enfant sont mis en place conformément aux recommandations nationales, avec l’aide d’autres administrations (Education Nationale, collectivités territoriales, etc.).

 

Collecte de fonds

Nous remercions aussi chaleureusement les nombreux donateurs, dont la liste ne cesse de s’allonger, qui entretiennent la motivation des professionnels.

A ce titre une collecte de fonds a été ouverte pour pouvoir permettre à tous d’aider le personnel hospitalier, dans toute sa diversité de métiers et d’actions :

https://www.leetchi.com/c/ghtalpesdusud

www.ghtalpesdusud.fr/mecenat

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