Serre che

Alpes du Sud : Sénatoriales, départementales, régionales... ce qui vous attend en politique dans les prochains mois

Alpes du Sud : Un mot de politique, avec les mois à venir qui vont être passionnants à suivre… avec trois élections dans les semaines et mois qui viennent : les sénatoriales le 27 septembre puis les régionales et départementales au printemps prochain… sans parler des législatives l’année d’après… On s’apprête à vivre plusieurs changements et redistributions des cartes, notamment dans les Hautes-Alpes, Samir Mathieu…

Alpes du Sud : Sénatoriales, départementales, régionales... ce qui vous attend en politique dans les prochains mois from ALTO Dici Radio on Vimeo.

Ce sont les sénatoriales qui vont d’entrée de jeu, modifier la donne. Dans les Hautes-Alpes et les Alpes de Haute-Provence, les sièges sont à renouveler. La sénatrice des Hautes-Alpes Patricia Morhet-Richaud, va tenter d’être élue pour la première fois sur son nom propre, puisqu’en 2014, elle n’était que la suppléante de Jean-Yves Dusserre, qui est décédé trois mois après son élection. Mais comme en 2014, la droite partira divisée. Si dans un premier temps deux autres noms avaient circulé pour se présenter contre elle, les choses ont évolué à la faveur des résultats des municipales. Jean-Marie Bernard, qui n’avait pas caché ses intentions, a dû revoir ses ambitions à la baisse après sa cuisante défaite au Dévoluy et les échecs aussi des conseillers départementaux qu’il avait poussé à se présenter. Sur cet entrefait, un nouveau nom circule depuis plusieurs semaines… c’est celui du maire de Gap, Roger Didier, qui entend bien saisir la balle au bond, et suivre les traces de son père et devenir sénateur. Et la redistribution des cartes à l’issue des municipales pourrait bien lui donner raison. La bascule à droite de Briançon, et le maintien d’Embrun dans le giron de la droite avec Gap lui assure d’emblée un nombre de grands électeurs conséquent, et une victoire quasi certaine. Encore faut-il qu’il n’y ait pas d’autres acteurs qui entrent dans l’arène. C’est sans compter sur Jean-Michel Arnaud, le maire de Tallard et président de l’association des maires, qui s’était présenté, sans succès, contre Jean-Yves Dusserre dans une guerre fratricide en 2014, n’a pas perdu une miette d’ambition et espère bien devenir à son tour parlementaire… lui qui a perdu les sénatoriales puis les départementales… entend bien rebondir. Jean-Michel Arnaud a pour lui de connaître sur le bout des doigfs le maillage politique départemental… mais à la faiblesse de s’être fait un nombre conséquent d’inimitié au fil des années. Sa candidature diviserait un peu plus la droite, qui toutefois ne devrait pas en souffrir au vu de la faiblesse de la gauche dans les Hautes-Alpes qui ne s’est toujours pas trouvé de candidat… Joël Bonnafoux, un temps pressenti, ayant préféré jeter l’éponge, après la bascule de Briançon à droite, lui laissant peu de chance, d’obtenir le poste. Dans les Alpes de Haute-Provence la division des partis devrait elle aussi être criante. Mais le sénateur sortant, Jean-Yves Roux, a bien plus de chance se s’en sortir… Socialiste, il est macron-compatible. Ceci-dit, Emmanuelle Fontaine-Domeizel, députée suppléante de Christophe Castaner et fille de l’ancien sénateur Claude Domeizel, ne cache pas son envie d’y aller également. La droite pour sa part ne s’est pas encore trouvé de candidat… et voudra éviter la catastrophe de 2014, où elle était largement en tête et pouvait rêver de faire basculer le département et a perdu à cause du maintien de la candidature du maire de Mane Jacques Despied, face à Bernard Jeanmet-Péralta… Viendront ensuite les départementales et régionales. Dans les Hautes-Alpes, tout dépendra des sénatoriales… Si Roger Didier est élu, la voie est libre pour que Marcel Cannat devienne le futur président du Département. Le maire de Réotier devrait bénéficier du retrait de Jean-Marie Bernard, éreinté par ses derniers échecs, et qui avait promis de céder sa place à son vice-président, indétronable dans le Guillestrois-Queyras. En cas d’échec de Roger Didier aux sénatoriales, nul doute que le maire de Gap voudra obtenir sa revanche de 2015, où il avait été battu sur le fil par Jean-Marie Bernard après qu’un front anti-Roger Didier se soit formé, réunissant droite et gauche contre le maire de Gap. Mais encore faudrait-il que le maire de Gap conserve ses élus sur les cantons de sa ville. Si il avait réussi le grand chlem en 2015, il a perdu le canton de Gap 1 l’année d’après. Dans les Alpes de Haute-Provence, la gauche est toujours en position de force, mais la droite fera tout pour améliorer son score et faire basculer le Département. Pour les régionales, cela dépendra aussi des accords et alliances des départementales… Certains recalés pourraient y voir une voie de sortie… Dans les Hautes-Alpes, il devrait ainsi y avoir du renouvellement derrière Chantal Eyméoud, deux postes seront à pourvoir… celui de Roger Didier et d’Anne-Marie Forgeoux, empêtré dans ses ennuis judiciaires sur son ancienne commune du Monêtier-les-Bains. Jean-Michel Arnaud pourrait voir ainsi son salut… Dans les Alpes de Haute-Provence, Eliane Bareille devrait rempiler, comme Chantal Eyméoud, ainsi que David Géhant. Difficile de savoir ce que fera la gauche, après la cuisante défaite de Christophe Castaner en 2015, qui était arrivé 3e derrière Christian Estrosi et Marion Maréchal Le Pen. A peine ces deux scrutins passés, les législatives seront déjà sur toutes les lèvres. Certains s’y voient déjà. Dans la seconde circonscription des Hautes-Alpes, les appétits s’aiguisent alors que Joël Giraud avait annoncé que c’était son dernier mandat. Ceci étant dit, sa récente nomination au gouvernement pourrait le pousser à faire du rabe. En face, Arnaud Murgia, qui s’était déjà présenté en 2017, n’a jamais caché ses ambitions au-delà de la seule ville de Briançon… mais à droite, un autre nom circule : celui de Corinne Chanfray, fraîchement élue maire de Saint-Chaffrey. Elle a pour avantage de connaître parfaitement les arcanes du pouvoir et l’Assemblée après avoir été attachée parlementaire de Patrick Ollier, Jean-Yves Dusserre et Patricia Morhet-Richaud. A gauche, un nom émerge aussi sur la circonscription… celui de Vincent Faubert, élu lui aussi fraîchement et brillamment maire de Puy Saint-Pierre… et comme Corinne Chanfray, il connaît bien les arcanes du pouvoir après avoir été attaché parlementaire de Joël Giraud et directeur de cabinet de Gérard Fromm à Briançon. Sur la première circonscription, Pascale Boyer sera candidate à sa propre succession, et devrait avoir face à elle, comme en 2017, Catherine Asso, actuelle adjointe au maire de Gap… qui elle aussi connaît bien les arcanes du pouvoir pour avoir été assistante d’Henriette Martinez quand elle était députée. Dans les Alpes de Haute-Provence, c’est sur la seconde circonscription que les choses bougent le plus… c’est celle qui fait bascule à chaque fois… Christophe Castaner aura fort à faire face à lui avec une droite remontée comme un coucou après ses succès électoraux aux dernières municipales. Trois maires qui se voient déjà députés : Camille Galtier à Manosque, David Géhant à Forcalquier et Sophie Vaginay-Ricourt à Barcelonnette. Cette dernière a déjà été suppléante de Bernard Jeanmet-Péralta en 2014 pour les sénatoriales et candidate aux régionales en 2015. Camille Galtier lui se veut prudent et se consacre entièrement à Manosque comme il l’avait promis au cours de sa campagne. David Géhant lui a déjà fait une entorse à ses promesses de campagne, en s’emparant de la com’ com’ du pays de Forcalquier Montagne de Lure, deux postes qu’il cumule déjà avec celui de conseiller régional. Et pour prendre la circonscription à Christophe Castaner, faudra t’il encore que ces trois figures ambitieuses de la droite bas-alpine arrivent à s’entendre. La première circonscription, celle de Digne est bien plus ancrée à gauche… et Delphine Baggary aura plus à craindre sur sa gauche ou son centre… En moins de deux ans… le paysage politique des Alpes du Sud va bouger ça c’est sûr… mais les places restent chère et peu nombreuses… et à la fin il y aura toujours des cris de joie et des larmes...

croiser le fer
politique
Elections
Hautes-Alpes
Alpes de Haute-Provence