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Hautes-Alpes : le Champsaur-Valgaudemar, un bocage pour la vie !

Dans les Hautes-Alpes, sur les contreforts du massif des Écrins, dans une vallée agricole irriguée par le Drac, le Champsaur-Valgaudemar possède un extraordinaire bocage. Un paysage de 800 km de haies et 200 km de canaux, unique en zone de montagne. Un paradis de la biodiversité longtemps menacé.  

Au détour d'un chemin, d'une route, tout semble rappeler parfois, certains paysages de Vendée ou de la Normandie. Pourtant, on est bien dans les Hautes-Alpes au milieu d'un paysage unique en montagne : le bocage du Champsaur.

Sur 150 km2, de 800 à 1 350 m d'altitude entre Saint-Jean-Saint-Nicolas et Aspres les Corps, ce bocage est probablement le plus haut d'Europe et un élément fort du paysage de cette vallée agricole traversée par le Drac, dominée par le massif des Écrins. Ici, le bocage a conservé une grande partie de sa diversité d'avant guerre, avec son maillage de haies de hêtres principalement, mais aussi son réseau hétérogène de canaux, de chemins creux, de clapiers et de murets où s'inscrivent de nombreux villages et hameaux.

Un paysage rare, sans doute né en grande partie au 18ème siècle, sur des terres recouvertes jadis de dépôts morainiques puis travaillées par les hommes au fil des siècles. Ainsi, ce bocage de montagne est devenu un outil précieux pour l'agriculture dans la protection des cultures, la régulation hydraulique, la ressource en bois de chauffage ou pour la lutte contre la divagation du bétail.

Pour Olivier Warluzelles, Garde-Moniteur du Parc National des Écrins, "le bocage du Champsaur-Valgaudemar est une réalisation totalement humaine destinée à répondre aux besoins des populations en bois et en fourrage avec la plantation notamment de frênes. Un arbre totalement magique qui donne non seulement du fourrage pour les bêtes, un excellent bois de chauffage et pour les manches d'outils. Depuis, ce bocage perdure" explique-t-il, reconnaissant que ce paysage avait été longtemps menacé par le remembrement dans les années 60 mais aussi par l'abandon de l'entretien quotidien, la destruction des haies pour le passage des engins agricoles modernes ou par l'absence d'entretien des canaux d’irrigation et des talus faute de main d’œuvre.   

"Depuis, les agriculteurs locaux se sont réappropriés ce bocage, préservant l'essentiel de ce maillage de haies pour protéger les cultures du vent. Un atout non seulement patrimonial et culturel mais aussi une formidable réserve de biodiversité pour la faune comme les chevreuils, les blaireaux, les renards, les lièvres et tout un cortège d'insectes qui vont utiliser ces zones pour  leur cycle de vie. Un bocage avec son réseau de canaux d'irrigation en terre qui vont alimenter les parcelles agricoles ainsi que des zones humides générant la présence d'espèces comme le crapaud à ventre jaune, des libellules... " ajoute-t-il.  

"Un bocage vivant" qui se découvre à pied ou à vélo le long des routes, des chemins et au gré de dizaines de kilomètres de circuits de randonnées.

Réalisé dans le cadre du voyage de presse « Hautes-Alpes, sentinelles de climat » organisé par l’Agence de Développement des Hautes-Alpes du 7 au 10 septembre 2020.

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