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Hautes-Alpes : Le Psdt du département au tribunal pour avoir offert une vraie queue de loup à la préfete

Quand on parle du loup on en voit la queue...

Vous avez en mémoire ce geste voulu comme symbolique: Le 21 février dernier, le  président du Conseil Département des Hautes-Alpes offre une queue de loup à la préfète Cécile Bigot-Dekeyzer à l'occasion de son pot de départ en présence de tous les responsables politiques du département, des responsables miliaires, et institutionnels.

Jean-Marie Bernard explique alors avoir voulu faire comme un clin d'œil avec ce cadeau à une préfète qui a été particulièrement confrontée au problème du loup au cours des deux années qu'elle a passé dans les Hautes-Alpes.

Seulement voilà, ce "trait d'humour symbolique " n'est pas du goût de toute le monde : L'association Férus, protectrice du loup, décide de porter plainte suivie par la SAPN (Société Alpine de Protection de la Nature)et par  l'association France Nature Environnement: une plainte contre  Jean-Marie Bernard et contre X pour détention et transport du produit d'une espèce protégée. Le procureur de la République avait dans la foulée fait ouvrir une enquête confiée à la brigade de recherches de la gendarmerie de Gap en co-saisine avec les inspecteurs d'environnement de l'office français de biodiversité.

Le parquet de Gap avait alors rappelé à l'époque que "la détention, la cession, le transport ou le colportage de tout ou partie d’une espèce protégée" constituait un délit puni d'une peine d'un an d'emprisonnement et de 15000 euros d'amende par les articles L. 411-1 et L. 415-3 du code de l'environnement.Les investigations menées au cours des derniers mois et les auditions ont, semble-t-il, permis de caractériser les trois infractions de détention, de transport et de remise de cette vraie queue de loup...

Conséquence, une comparution de Jean-Marie Bernard le mardi 8  décembre prochain  dans le cadre d'une audience de CRPC (comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité). Pas sur d'ailleurs que le Président plaide coupable.

Contacté, le procureur de la république de Gap nous a confirmé cette décision de poursuite en expliquant, qu'en dépit des débats actuels, le loup restait une espèce protégée et que dans le cas d'espèce la violation de la loi pénale était manifeste. Le magistrat du parquet a ajouté que sa décision n'était ni excessive (le mis en cause aurait pu comparaitre directement devant le tribunal correctionnel), ni insuffisante mais équilibrée au regard du contexte de commission de l'infraction.

Lors de cette audience, Jean-Marie Bernard se verra donc proposer par le procureur de la République une sanction pénale qui sera ensuite homologuée par un magistrat du siège si le prévenu l'accepte.

Nul doute que cette comparution à huit-clos conduira une nouvelle fois, une énième fois les pro et anti-loup à s'échanger quelques amabilités dont ils ont le secret.

Pour l’instant le président ne fait pas de commentaire et il assez probable qu’il maintienne la position qu’il nous avait confié en début d’année (écouter ci-dessous), celui-ci ne s'étant jamais caché de son point de vue et de son soutient au combat mené par les éleveurs. Il en fera peut-être même une tribune pour souligner ce problème qui touche nos territoires depuis des années.

 

 

 

 

 

Retour en février dernier

 

Quand on parle du loup on en voit la queue...

Le geste symbolique aurait pu passer presque inaperçu: C'était sans compter sur l'association Férus, protectrice du loup, qui s'est émue d'avoir appris que le président du Conseil Départemental des Hautes-Alpes avait offert "une queue de loup" à la préfète des Hautes-Alpes lors de son pot de départ. L'association à écrit au procureur de la république et envisage de porter plainte.

C'est ce qu'à déjà fait l'association France Nature Environnement qui a porté plainte ce mercredi  contre  Jean-Marie Bernard  et contre X pour détention et transport du produit d'une espèce protégée, nous indique le parquet qui s'attend à d'autre plaintes.

Pour mémoire, rappelle le parquet de Gap, "la détention, la cession, le transport ou le colportage de tout ou partie d’une espèce protégée" est puni d'une peine d'un an d'emprisonnement et de 15000 euros d'amende par les articles L. 411-1 et L. 415-3 du code de l'environnement.

Pour Jean-Marie Bernard, pas de quoi en faire tout un plat comme on dit.

Il s'agissait d'un clin d’œil relatif au dossier le plus délicat (avec les migrants) que l'ancienne préfète a eu à gérer pendant son passage. C'est ce qu'il nous a confié vendredi ( écouter ci-dessous)

 

Communiqué de presse de l’association FERUS, 25 février 2020

 

Pour le départ de la préfète Cécile Bigot-Dekeyzer, le président du Département des Hautes-Alpes Jean-Marie Bernard n’a rien trouvé de mieux à faire que de lui offrir…une queue de loup.

Un « clin d’oeil », selon ses termes, que nous trouvons de très mauvais goût. Nous ne pouvons qu’être étonnés, voire atterrés, de voir cette pratique d’un autre âge dans un pays développé au 21ème siècle. Comment un élu de la République peut-il à ce point mépriser une espèce protégée et menacée ? N’est-il pas au courant de l’actuelle grave crise de la biodiversité ?

Au-delà de la question éthique, la question de la légalité se pose. Le loup est une espèce protégée et il est illégal de transporter sa dépouille, ou une partie, sans autorisation et à fortiori d’en disposer pour en faire un « cadeau ».

Ainsi, concernant les espèces protégées, dont le loup fait partie, l’article L411-1 du code de l’Environnement précise que «  La destruction ou l’enlèvement des oeufs ou des nids, la mutilation, la destruction, la capture ou l’enlèvement, la perturbation intentionnelle, la naturalisation d’animaux de ces espèces ou, qu’ils soient vivants ou morts, leur transport, leur colportage, leur utilisation, leur détention, leur mise en vente, leur vente ou leur achat ».

Nous envoyons donc un courrier au Procureur de la République de Gap afin de connaître la provenance de cette queue de loup et de porter plainte en conséquence.

 

C'était dans tous les cas  un cadeau pour le moins inattendu ! Le président du Département des Hautes-Alpes a donc offert une queue de loup à la préfète Cécile Bigot-Dekeyzer à l'occasion de son départ pour les Landes. La cérémonie a eu lieu ce vendredi matin en présence de tous les responsables politiques du département, des responsables miliaires, et institutionnels. Et le président du Département a tenu à offrir ce cadeau à la préfète qui a été particulièrement confrontée au problème du loup au cours des deux années qu'elle a passé dans les Hautes-Alpes. Un geste en forme de clin d'oeil de la part de Jean-Marie Bernard. C'est ce qu'il a expliqué au micro D!CI TV de Samir Mathieu.

Hautes-Alpes : Jean-Marie Bernard a offert une queue de loup à la préfète pour son départ ! from ALTO Dici Radio on Vimeo.

 

 Il y avait du monde ce matin en préfecture à Gap pour dire au revoir à la préfète des Hautes-Alpes Cécile Bigot-Dekeyzer. Elle s'en va ce vendredi après plus de deux ans passés dans le département. Il s'agissait là de son premier poste en tant que préfète. Là, elle vient d'être nommée dans le département des Landes dans le sud-ouest de la France. Pour D!CI TV, Cécile Bigot-Dekeyzer revient sur ses deux années passées à la tête de la préfecture à Gap. Les dossiers qui l'ont le plus marqués sont ceux des migrants et du loup. La préfète évoque aussi le dossier du Pas de l'Ours dans le Queyras qui a mobilisé beaucoup d'énergie pour réussir à maintenir la circulation et l'accès au Queyras. Elle se félicite aussi de l'ouverture de maison de services, comme à Briançon ou encore à Guillestre. Le bilan de ses deux années en tant que préfète des Hautes-Alpes :

Hautes-Alpes : La préfète Cécile Bigot-Dekeyzer fait le bilan de son passage dans le département from ALTO Dici Radio on Vimeo.

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