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Hautes-Alpes : à bout de patience, le maire de Gap demande à gérer les travaux de la rocade à la place de l'Etat

Coup de colère du maire de Gap. A l'occasion d'une conférence de presse ce mardi, Roger Didier a fait part de tout son agacement quand aux déroulement des travaux de la rocade. Très remonté le maire de Gap a demandé à gérer le chantier en lieu et place de l’État dont il a vertement critiqué inefficacité. Et Roger Didier de pointer du doigt les surcoûts impressionnants puisqu'on est passé de 36 millions d'euros à 56,3 millions!

Il dénonce aussi les retards pour un projet qui remonte à 1976! La mise en service de la section entre le rond point du Sénateur et les Aurouzes a encore été reportée: Elle est à présent prévue pour juillet 2021. 

Et le maire de Gap de constater qu'il aura fallu 10 ans de travaux pour faire 3km avec une livraison du tronçon central jusqu'à la route du col Bayard encore retardée et annoncée au mieux en 2024! 

« On ne peut même plus parler d’Arlésienne dans ce dossier, car nous serions en deçà de la réalité », dénonce le maire de Gap, Roger DIDIER. « Nous avions déjà attendu près de 40 ans pour que ce projet se concrétise enfin. Les premiers coups de pioche ont été donnés en 2014 et on nous promet l’ouverture de la section centrale en 2024.Ce qui fait 10 ans de travaux pour construire une route de 3 km ! Et encore, rien ne garantit que ce délai sera tenu, sachant que l’expertise des difficultés géotechniques du Val de Bonne est toujours en cours. Au carrefour du Sénateur, la Ville de Gap a fait gagner un an sur le calendrier, mais l’Etat n’a pas accéléré. C’est inadmissible ! Les Gapençais se demandent à juste raison si l’Etat ne se moque pas d’eux et s’ils verront la rocade un jour terminée ! »
 

Le maire de Gap propose aussi un nouveau tracés pour la section sud dite des Eyssagnières beaucoup plus rapide et plus économique.

 

L'article de Marie-France Sarrazin  de  TPBM a lire ICI

Entre retards et surcoûts, les motifs d'insatisfaction de Roger Didier demeurent nombreux s'agissant des travaux de la rocade de Gap, concentrés pour l'heure sur la section centrale. L'élu dénonce un manque d'effort de l'Etat et demande la maîtrise d'ouvrage déléguée des deux autres tronçons.

Le maire de Gap aura rarement affiché autant de colère. Depuis le chantier du carrefour du Sénateur, en cours d'achèvement, Roger Didier a exprimé son exaspération vis-à-vis des services de l'Etat sur le dossier de la rocade. « L'avant-projet de cette voie de contournement date de 1976 ! Et il aura fallu dix ans de travaux pour construire le premier des trois tronçons, de 3 km », s'exclame-t-il.

Et encore, l'ouverture de cette partie centrale en 2024 n'est qu'hypothétique... Les mouvements de terrain que le chantier a provoqués depuis 2016 dans le Val de Bonne génèrent un blocage des travaux dans la partie située entre le carrefour des Aurouzes et le viaduc de Bonne.

« L'expertise en cours touche à sa fin mais elle apparaît insuffisante aux yeux de la Dreal [Direction Régionale de l'Environnement, de l'Aménagement et du Logement, NDLR] qui en a commandé une nouvelle sur un périmètre plus large. Ces difficultés ont amené l'Etat à rompre un marché public, générant des frais de résiliation de 600 000 €. Je rappelle que la Ville de Gap avait demandé de modifier le viaduc de façon à ce que la sortie côté Charance se fasse plus en aval, afin de limiter les risques géologiques. Mais nous n'avons pas été entendus », déplore l'élu.

Une facture qui passe de 36 M€ à 56,3 M€

Ce n'est pas le seul motif d'agacement du maire de Gap, loin s'en faut. Afin de pouvoir ouvrir au plus vite la première partie de la section centrale - non touchée par le glissement de terrain -, entre les carrefours du Sénateur et des Aurouzes, la Ville de Gap a obtenu la maîtrise d'ouvrage déléguée de la réalisation du carrefour du Sénateur, pour permettre aux services de l'Etat de se concentrer sur la section courante. Ce carrefour sera ainsi livré fin octobre après quatre mois de travaux et non pas en novembre 2021 comme prévu par l'Etat. Et pour un coût moindre, de 3,1 M€ et non 4 M€. Car la Ville a négocié avec les entreprises, qui se trouvent être locales, dans le cadre de l'appel à candidatures. « Or, l'ouvrage répond point par point au cahier des charges imposé par la Dreal. En bon petit soldat, nous l'avons réalisé en cacahuète, comme demandé, alors qu'il aurait pu être simplifié dans sa forme, ce qui aurait encore réduit les coûts... »

Roger Didier espérait une livraison concomitante de la section routière, ce qui ne sera pas possible avant juillet 2021. « Les services de l'Etat sont totalement inopérants. Les enrobés sont en cours de réalisation, mais l'Etat explique que les équipements comme les barrières et la signalisation ne seront pas posés avant l'année prochaine », s'énerve-t-il. Il poursuit : « Cerise sur le gâteau, au-delà de ce retard inexcusable, on nous demande d'ajouter 7 M€ sur le barreau central, ce que j'ai refusé. A l'origine, la facture pour ce tronçon de 3 km s'élevait à 36 M€. Aujourd'hui, l'Etat l'établit à 56,3 M€. » Pour rappel, le chantier de la rocade est supporté à 33,3 % par l'Etat, à même hauteur par la Région, à 16,6 % par le Département et autant par la Ville de Gap.

Pour la section Sud, un nouveau tracé qui réduirait les délais et le coût

Le maire agacé, inquiet aussi, se demande si cette rocade verra finalement le jour, « car il reste les barreaux Sud et Nord qui ne sont pas avancés. Nous en sommes à d'éventuelles études qui devraient être inscrites au Contrat de plan Etat-Région ». C'est la raison pour laquelle il souhaite se voir confier la maîtrise d'ouvrage déléguée pour la réalisation du tronçon Sud, en accord avec le Département, sur un tracé empruntant en partie l'actuelle route des Eyssagnières et contournant sa zone d'activités jusqu'à la route de Marseille.

Cette solution permettrait de réduire les délais de réalisation et le chiffrage puisqu'elle n'utiliserait pas toutes les emprises prévues. « De 40 M€ à l'origine, nous tomberions à 24 M€. Cette portion pourrait être mise en service dans la foulée de la section centrale », estime l'élu. Il se dit également prêt à faire de même s'agissant de la section Nord. Un tour de force qui réjouirait probablement les entreprises locales, plus enclines à répondre aux appels d'offres dans ces conditions...

 

 

 

 
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