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Hautes-Alpes : la Luye à Gap, une "rivière morte" après un épisode de pollution important

Le 30 juillet, un produit nocif a été déversé dans la Luye provoquant la mort de centaines de poissons. Deux mois plus tard, la Fédération de pêche des Hautes-Alpes et l'association "La Gaule Gapençaise" ont fait une série de relevés sur le cours d'eau. Sur 7 des 8 points testés, aucun poisson n'a été attrapé alors qu'on en trouvait habituellement une trentaine lors des précédents relevés. Pour le président de la Fédération de pêche des Hautes-Alpes c'est une catastrophe, "La luye est une rivière morte" publie l'organisation sur sa page Facebook. La procédure judiciaire est toujours en cours, le responsable de la est un salarié de société de transport, les premiers éléments de l'enquête ont révélé que cette pollution était involontaire.

La réaction de Jean Pasquet, président de la Gaule Gapençaise : 

12_10_2020_INSERT_Jean_Pasquet_Gaule_Gapençaise_HG471 from ALTO Dici Radio on Vimeo.

 

 

Le communiqué de la Fédération de pêche des Hautes-Alpes : 

 

" POLLUTION DE LA LUYE, UNE RIVIERE EXTERMINEE

Plus de deux mois après la pollution de la Luye à Gap, l’Association de pêche « La Gaule Gapençaise » et la Fédération départementale de pêche ont réalisé cette semaine un inventaire piscicole dans le cours d’eau. Pour le président de l’association les résultats du test sont catastrophiques.

Le 30 juillet 2020 des centaines de poissons sont retrouvés morts dans la Luye, principalement des truites, des barbeaux et des chabots. Le produit blanchâtre alors visible dans le cours d’eau est rapidement identifié comme responsable de la pollution. Il s’agit d’un produit floculant, généralement utilisé dans le cadre du traitement des déchets et plus particulièrement dans l’épuration des eaux usées. Le produit a provoqué une diminution du taux d’oxygène dans l’eau, entraînant la mort des poissons.

Les agents de l'OFB et de la DDT ont constaté que des mortalités piscicoles en lien avec le produit déversé dans la Luye ont été également observées deux semaines après les premiers faits de pollution. Le produit s’est déplacé progressivement vers l’aval de la Luye suscitant alors de nouvelles mortalités. Le linéaire de rivière touché par des mortalités s’étend ainsi sur tout le cours d'eau.

Si la nature du polluant a été identifiée, des questions demeurent. « Aura-t-il un impact durable ? Va-t-il imprégner les sols ? », s’interroge-t-on en pensant à la pollution de l’Avance (près de Chorges), il y a quelques années, et qui impacte toujours la zone aujourd’hui car les sols sont touchés.

Mi-septembre, Jean PASQUET, Président de l’AAPPMA (Association Agréée pour la Pêche et la Protection du Milieu Aquatique) restait optimiste sur la situation. Il confiait : « Les zones de reproduction se trouvent en amont des rivières. Les poissons restent en poste donc cela permettra, si les reproducteurs sont encore suffisamment nombreux, de repeupler petit à petit la Luye ». Après cette pêche électrique d’inventaire réalisée début octobre, il l’est aujourd'hui beaucoup moins.

« C'est une rivière morte »

« Cet inventaire a porté sur huit points de la rivière. 1 en amont du lieu de la pollution et 7 en aval, jusqu’à la zone de confluence avec la Durance, explique Jean PASQUET.

Sur le premier point, 25 à 30 poissons ont été pris. Sur les sept autres points... aucun !» Habituellement, il y a de la vie dans la rivière, une trentaine de poissons sont pris à chaque point. Pour le président, cette pollution est catastrophique. la Luye est devenue « une rivière morte, tout y a été exterminé ».

Si le produit floculant n’est plus visible à l’œil, il est dense et mettra du temps à se diluer. Jean Pasquet en veut pour preuve les grosses averses tombées depuis septembre, qui n’ont pas suffi à nettoyer la rivière. Selon le président, il s’agit de la plus grosse pollution depuis plusieurs dizaines d’années. Il faudra au moins quatre à cinq ans pour que le peu de poissons présents en amont parviennent par reproductions et dévalaisons à recolonniser la rivière. En attendant, l’association dépense 5 000 euros par an pour rempoissonner le cours d’eau.

Trois plaintes et une procédure judiciaire en cours...

Une procédure judiciaire est toujours en cours. Le mis en cause dans cette affaire est un salarié d’une entreprise de transports, qui avait lui-même contacté les pompiers. Les premières investigations ont démontré que la pollution était involontaire. la Fédération départementale de la pêche qui a déposé plainte contre X en même temps que L’AAPPMA « La Gaule gapençaise » et la Mairie de Gap."

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