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Hautes-Alpes / Aspremont : un projet de retenue d’eau qui fait la quadrature du cercle !

C’est un sujet qui étonnamment, a fait débat avant d’être validé sans difficultés par le conseil municipal de la commune d’Aspremont. Lorsqu’on regarde de près, on se demande d’ailleurs pourquoi car on se trouve face à un projet qui fait presque la quadrature du cercle. Il s’agit de créer une ou deux bassines, comprenez de grandes réserves d’eau pour sécuriser l’irrigation agricole, toujours au bord de la rupture dans ce secteur du Buëch, tout en prélevant des matériaux bien nécessaires à la construction et en y intégrant un projet photovoltaïque ou une micro centrale. On pourrait même ajouter que juste à côté, se crée un espace pour l’enfouissement des gravats et matériaux que les artisans ne savent pas où déposer.

Dans le contexte des fortes sécheresses que connait la vallée du Buëch depuis plusieurs années (ce qui ne devrait pas s’arranger avec le changement climatique…) et l’obligation de respecter les débits réservés des rivières (= débit biologique permettant de maintenir suffisamment d’eau dans la rivière pour les milieux aquatiques : poissons, …), l’arrosage des cultures est de plus en plus contraint, voire interdit une partie de l’été ce qui met en difficulté les exploitations agricoles. Il en va de l’avenir des exploitations. Des solutions existent comme la création de bassines remplies au printemps lorsque qu’il y a suffisamment d’eau dans la rivière (débits de fonte des neiges). Les volumes stockés sont utilisés l’été en période d’alerte sécheresse et, de ce fait, aucun prélèvement n’est réalisé dans le cours d’eau assurant le respect des débits biologiques.

Ces projets de sécurisation des réseaux d’aspersion sont très coûteux si bien qu’ils peuvent être financés par le FEADER (fonds européen agricole pour le développement rural) à hauteur de 90%. Le reste à charge pour les irrigants reste toutefois important. Il convient donc de trouver d’autres solutions.

C’est là que la SAB intervient. Pour faire une bassine, il faut faire un trou et le bon sens veut que les matériaux du trou soient valorisés économiquement pour les besoins de la construction.

Au printemps 2019, une synergie est née entre l’ASA et la SAB. La SAB, au travers d’un projet de carrière, prendra à sa charge les opérations de terrassement de la bassine permettant de réduire la facture des irrigants d’environ 20%. Les matériaux issus du trou seront valorisés à la Roche-des-Arnauds sur les installations existantes de la SAB. Les granulats ainsi produits sont commercialisés pour les besoins du BTP au niveau local. Ce partenariat permet donc aux irrigants de bénéficier d’économies substantielles (terrassements, mise à disposition des études environnementales, taxe archéologie préventive) réduisant les coûts d’irrigation à l’hectare et permettant au projet de l’ASA d’être viable économiquement. D’autres sources de financements sont étudiées comme la faisabilité d’une centrale photovoltaïque flottante (fabrication d’énergie verte) et, dans le cadre du plan de relance de l’Etat récemment dévoilé, la possibilité pour l’ASA de bénéficier d’un prêt auprès de la Caisse des Dépôts et des Consignations (Banque des Territoires).

Alors nous nous sommes rendus sur place pour mieux comprendre ce dossier, on y rencontre le maire, le patron de la SAB Lionel Para et son responsable environnement Nicolas Piarry. On y rencontre également Claire, chargée des études de ce dossier ou encore Jean-Marie Blanchard, le président des irriguants .

Bassine
Aspremont
Hautes-Alpes