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Covid-19: Jamais de toute son histoire le service de réanimation de l'hôpital de Gap n'a connu une telle hécatombe. reportage

Rien à voir avec  la première vague: depuis des semaines le département des Hautes-Alpes a le plus fort taux d’entrée en réanimation Covid pour 100 000 habitants de la région PACA avec à la clef des chiffres effrayants : 140 personnes hospitalisées dont 105 au CHICAS de Gap, 21 au CH d'Embrun, 14 au CHEB de Briançon et 22 patients en réanimation à Gap et Briançon auxquels il faut ajouter la vingtaine de transferts de patients qui ont été évacués ces derniers jours vers l’APHM et le CH de Grasse. Comme vous le savez le nombre de lits de réanimation est passé de 8 à 29 lits (21 au CHICAS de Gap et 8 au CHEB de Briançon) Quant au service de médecine conventionnelle : +44 lits à gap , ° 12 au CH Briançon, +10 lits au CH Embrun et 35 places de plus en Hospitalisation à domicile (HAD)

Mais le plus terrible , c'est le bilan avec prés de 170 morts dont les deux tiers depuis début Octobre. Sans que l’on sache à ce stade véritablement pourquoi les Hautes-Alpes et les Alpes-de-Haute-Provence ont été touchées de plein fouet par cette deuxième vague. La conséquence ce sont des services de réanimation complètement surchargés à l’hôpital de Gap comme à Briançon. À Gap à défaut de pousser les murs on a annexé de nouvelles salles : d’abord la salle de soins continus devenue salle de réanimation puis la salle de réveil transformée elle aussi en salle de réanimation avec des lits quasiment tous pleins même si un minimum reste disponible pour les autres urgences hors Covid. Une situation intenable qui a conduit le centre hospitalier des des Alpes du Sud à évacuer une vingtaine de patients sur les hôpitaux de Grasse et de Marseille. Alors comme au niveau national, il y a un petit espoir de décrue nous a confié le médecin-directeur du service réanimation. Il constate en effet un léger fléchissement du nombre d’entrées en réanimation mais il ne sait pas encore si il s’agit du début d’une décrue ou si comme il le craint plutôt le début d’un plutôt le commencement d’un plateau qui pourrait durer quelques bonnes semaines...Heureusement il y a des renforts une bonne cinquantaine de personnes venus d’autres services, sorties de la retraite ou travaillant à la polyclinique des Alpes du Sud

En tout cas on ne sort pas indemne d’une visite au service de réanimation pendant cette deuxième vague de la COVID-19. En voyant tous ces malades qu'ils soient intubés ou non, en observant la détermination de ces soignants qui de chambre en chambre se battent au quotidien contre la mort… On en vient à vite relativiser voir même à porter un regard acerbe sur tous les débats qui perdurent à l’extérieur des murs de l’hôpital sur le port du masque ou sur le confinement... Là dans ce service, on voit la mort de près tous les jours et on tutoie le virus à chaque instant.. et quand il le faut on décide avec les familles à quel moment ce n'est plus la peine de continuer... Et pourtant ces soignants reviennent le lendemain sans états d’âme. Une vocation qui force l'admiration.

Entretien avec le docteur Simonoviez, chef du pôle "réa" de l'établissement gapençais.

18_11_2020_Reanimation_Chicas_Gap_ITW_Sèche_chef_Rea_HG645 from ALTO Dici Radio on Vimeo.

 

Rencontre avec Aurore, soignante parmi tous ceux qui au sein du service de réanimation de Gap sauvent des vies

Le patron du service de réanimation hésite entre légère décrue et un "plateau "malheureusement durable

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