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Hautes-Alpes / Covid-19 : 167 élèves placés à l'isolement, 6 classes fermées

Le virus n'a jamais été aussi mortel dans les Hautes-Alpes. Selon l'Agence régionale de santé, 105 personnes sont décédées de la Covid-19 depuis le mois de mars. Plus accablant encore, 80 d'entre elles sont décédées depuis le 15 octobre.  

Au total, en ce jeudi 19 novembre, 188 personnes sont hospitalisées dans les établissements haut-alpins, dont 19 en réanimation, sur les 29 lits disponibles. 47 clusters ont été identifiés sur le département.

Pour la semaine du 2 au 8 novembre, le taux d'incidence (TI) était à 674 pour 100 000 habitants, et le taux de positivité se situait à 30,20 %.

 

Parmi les intercommunalités, les chiffres sont très forts pour les trois plus impactées :

- la CC du Guillestrois Queyras affiche un TI à 926 et une positivité à 38,60 % ;

- la CC du Pays des Ecrins chiffre un TI à 446 et sa positivité à 34,40 % ;

- la CC du Briançonnais situe son TI à 600 et sa positivité à 32,50 %.  

 

Pour les autres intercommunalités : CA Gap-tallard-Durance TI 884 positivité 30,5 % , CC Serre-Ponçon TI 683 positivité 29,7 % , CC Buëch-Dévoluy TI 632 positivité 29,7 % , CC Sisteronais-Buëch TI 895 positivité 29,7 % , CC Serre-Ponçon Val d'Avance TI 734 positivité 28,13 % , CC Champsaur Valgaudemar TI 398 positivité 22,5 %.

Au niveau de l'enseignement, 4 classes sont fermées à l'école maternelle Les Artaillauds de Briançon, et rouvriront lundi prochain selon les résultats. Une classe est fermée à Paul Héraud de Gap, une autre au collège Fontreyne. Au total, dans toutes les Hautes-Alpes, 167 élèves sont à l'isolement, 4 enseignants et 2 personnels communaux.

 

La préfecture rappelle l'importance des gestes barrières à appliquer coûte que coûte dans les sphères familiales, professionnelles et amicales. Le port du masque est obligatoire dès 11 ans dans les centres-villes de Gap, Embrun, Briançon et désormais Guillestre, où des manifestations se tiennent chaque dimanche depuis le 8 novembre.

Les rues concernées : Maurice Petsche, place et rue du Portail, rue Notre Dame d'Aquillon, Saint Jean Baptiste, place Colonel Bonnet, rue de la petite Fontaine, Sainte Catherine, place du Général Albert, rue de la Frairie, des Champs Elysées, passage des école, place Salva et rue Joseph Mathieu (jusqu'à l'école maternelle).

 

Reportage dans le service de réanimation de l'hôpital de Gap :

Rien à voir avec  la première vague: depuis des semaines le département des Hautes-Alpes a le plus fort taux d’entrée en réanimation Covid pour 100 000 habitants de la région PACA avec à la clef des chiffres effrayants : 140 personnes hospitalisées dont 105 au CHICAS de Gap, 21 au CH d'Embrun, 14 au CHEB de Briançon et 22 patients en réanimation à Gap et Briançon auxquels il faut ajouter la vingtaine de transferts de patients qui ont été évacués ces derniers jours vers l’APHM et le CH de Grasse. Comme vous le savez le nombre de lits de réanimation est passé de 8 à 29 lits (21 au CHICAS de Gap et 8 au CHEB de Briançon) Quant au service de médecine conventionnelle : +44 lits à gap , +12 au CH Briançon, +10 lits au CH Embrun et 35 places de plus en Hospitalisation à domicile (HAD)

Mais le plus terrible , c'est le bilan avec prés de 170 morts dont les deux tiers depuis début Octobre. Sans que l’on sache à ce stade véritablement pourquoi les Hautes-Alpes les Alpes-de-Haute-Provence ont donc été touché de plein fouet par cette deuxième vague. La conséquence ce sont des services de réanimation complètement surchargés à l’hôpital de Gap comme à Briançon. À gap à défaut de pousser les murs on a annexé de nouvelles salles : d’abord la salle de soins continus devenue salle de réanimation puis la salle de réveil transformée elle aussi en salle de réanimation avec des lits quasiment tous pleins même si un minimum reste disponible pour les autres urgences hors Covid. Une situation intenable qui a conduit le centre hospitalier des des Alpes du Sud à évacuer une vingtaine de patients sur les hôpitaux de Grasse et de Marseille. Alors comme au niveau national, il y a un petit espoir de décrue nous a confié le médecin-directeur du service réanimation. Il constate en effet un léger fléchissement du nombre d’entrées en réanimation mais il ne sait pas encore si il s’agit du début d’une décrue ou si comme il le craint plutôt le début d’un plutôt le commencement d’un plateau qui pourrait durer quelques bonnes semaines...Heureusement il y a des renforts une bonne cinquantaine de personnes venues d’autres services, sorties de la retraite ou travaillant à la polyclinique des Alpes du Sud

En tout cas on ne sort pas indemne d’une visite au service de réanimation pendant cette deuxième vague de la COVID-19. En voyant tous ces malades qu'ils soient intubés ou non, en observant la détermination de ces soignants qui de chambre en chambre se battent au quotidien contre la mort… On en vient à vite relativiser voir même à porter un regard acerbe sur tous les débats qui perdurent à l’extérieur des murs de l’hôpital sur le port du masque ou sur le confinement... Là dans ce service, on voit la mort de près tous les jours et on tutoie le virus à chaque instant.. et quand il le faut on décide avec les familles à quel moment ce n'est plus la peine de continuer... Et pourtant tous reviennent le lendemain sans états d’âme. Une vocation qui force l'admiration.

18_11_2020_Reanimation_Chicas_Gap_ITW_Sèche_chef_Rea_HG645 from ALTO Dici Radio on Vimeo.

 

Rencontre avec Aurore, soignante parmi tous ceux qui au sein du service de réanimation de Gap sauvent des vies

Le patron du service de réanimation hésite entre légère décrue et un "plateau "malheureusement durable

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