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Hautes-Alpes : "la queue d'un loup ne peut être offerte par un élu, c'est illégal" explique une défenseure de l'animal

Jean-Marie Bernard et sa queue de loup renvoyés en correctionnelle le 15 février. Le président du Conseil départemental des Hautes-Alpes a été entendu ce mardi matin dans le cadre de sa comparution en reconnaissance préalable de culpabilité au tribunal de Gap. Une procédure qu'il a refusée. Il devait être entendu pour avoir fait un cadeau pour le moins inattendu. 

Le 21 février dernier, il avait offert une queue de loup à l'ancienne préfète des Hautes-Alpes, Cécile Bigot-Dekeyzer, à l'occasion de son départ. Un présent, un geste qui avait rapidement fait place à une véritable polémique. L'association Férus était rapidement montée au créneau suivie par la SAPN et par l'association France Nature Environnement. Une plainte contre Jean-Marie Bernard et contre X avait été déposée pour détention, transport et cession d'une partie d'une espèce protégée.

A l'issue de son entrevue au tribunal, Jean-Marie Bernard a déclaré vouloir rappeler "aux autorités de l'Etat les enjeux et l’impact de la prédation du loup" sur le département. "Je ne savais pas que c'était une queue de loup, il a fallu faire des analyses pour le déterminer" se défend le président. Son avocat Philippe Neveu souligne que seul Jean-Marie Bernard est devant la justice alors que la queue de loup a bien été détenue et transportée par d'autres avant d'arriver en sa possession, qui ne sont pas inquiétés :

Accompagnés d'une partie des conseillers départementaux, une quarantaine d'agriculteurs ont également fait le déplacement pour soutenir Jean-Marie Bernard. "C'était un soutien symbolique et rigolo", témoignent Eric Lions le président de la Chambre d'agriculture, et René Laurens, président du syndicat agricole FDSEA 05 :

Des citoyennes pro-loups, défenseures de la biodiversité, étaient également présentes. Peu nombreuses, elles ont brandi des pancartes de One Voice rappelant que l'animal est protégé par la convention de Berne. "La queue d'un loup ne peut être offerte par un élu, c'est illégal" explique Nathalie Hue-Courtin :

Prochaine étape donc le 15 février prochain. Rappelons que le président du département encourt jusqu'à trois ans d'emprisonnement et 150 000 euros d'amende.

Dans la gueule du loup
Hautes-Alpes