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Alpes du Sud : les Domaines skiables de France craignent une saison blanche

S'exprimant lors d'une conférence de presse, le Premier ministre a annoncé que les remontées mécaniques ne rouvriront pas ce jeudi 7 janvier. Jean Castex donne rendez-vous le 20 janviers aux professionnels de la montagne pour une eventuelle réouverture pour les vacances scolaire de février.

Ceux qui avaient prévu de skier dans les prochains jours devront y renoncer. Les remontées mécaniques resteront fermées, a annoncé lors d'une conférence de presse ce jeudi soir Jean Castex, confirmant nos informations de la veille. Il a donné rendez-vous aux professionnels le 20 janvier, afin d'autoriser ou non l'ouverture pour les vacances scolaires de février:

"Les remontées mécaniques ne pourront pas rouvrir tout de suite. Je comprends les inquiétudes des professionnels de la montagne, je sais combien ils ont besoin de visibilité sur la possibilité d'ouvrir pour les vacances de février [...] C'est un objectif que nous pouvons nous fixer, mais il serait prématuré compte tenu des incertitudes sanitaires qui demeurent", a déclaré le Premier ministre.

Le gouvernement avait initialement évoqué la date du 7 janvier pour la réouverture des stations de sports d'hiver, mais a préféré y renoncer au vu de la situation sanitaire toujours très préoccupante en France. Les stations de montagne, qui attendaient depuis plusieurs jours une décision gouvernementale, n'ont pas été entendus. Les professionnels dénonçaient encore il y a quelques jours une "catastrophe" économique "pour tout l'écosystème de la montagne".

Vacances de février 

Selon France Montagnes et l'Association nationale des maires des stations de montagne, le manque à gagner s'élève à 1,5 milliard d'euros pour les congés de Noël et du Nouvel An: le taux d'occupation moyen s'est établi à 25% sur la période et a même chuté à 19% dans les stations d'altitude. "Sacrifiés pour les vacances de Noël, nous refusons de l'être pour celles de février", estimaient dans une lettre ouverte l'agence Savoie Mont-Blanc, qui réunit 112 stations de ski des Alpes.

 

Du côté des Domaines Skiables de France, le sentiment d'incompréhension prédomine. Le délégué général Laurent Reynaud, originaire de Veynes, se veut pragmatique : "une saison d'hiver en station dure quatre mois, si les remontées ne tournent pas le 30 janvier, la saison est compromise." D'autres contraintes s'imposent : l'absence de clientèle étrangère, les bars et restaurants fermés et la difficulté de commercialiser les vacances d'hiver en peu de temps :

 

Communiqué des Domaines skiables de France : « Il faut qu’une date définitive soit donnée le 20 janvier »

Les professionnels et les 140 000 salariés de la montagne française espéraient une date et un message clair. Mais l’Etat a choisi de reporter une nouvelle fois la décision d’ouverture, laissant les salariés, les entreprises, et les territoires de montagne de facto dans une situation de fermeture et d’absence totale de visibilité. C’est profondément méconnaître la montagne que de penser qu’on pourrait indistinctement ouvrir le 30 janvier, le 15 février ou le 15 mars. Si les remontées mécaniques n’ouvrent pas le 30 janvier, toute la saison sera irrémédiablement compromise. 

Déjà privés de 80% d’activité à Noël avec 1,6 milliards de pertes de chiffre d’affaires, qui s’ajoutent aux 1,5 milliards déjà perdu en mars/avril 2020, les territoires montagnards ne comprennent pas cette nouvelle volte-face du gouvernement.

Avec les vacances de fin d'année ratées, chacun a hélas pu constater que sans les remontées mécaniques ouvertes, et alors même que la neige était au rendez-vous, aucune activité annexe n’a été en mesure de remplacer le ski alpin pour attirer les vacanciers à la montagne. Le bilan est très lourd avec 70% d'occupation en moins par rapport aux 2 semaines des vacances de Noël/Nouvel An de 2019-2020 et 80% à 90% de pertes de recettes pour l’écosystème montagnard massivement à l’arrêt. 

« Nous réclamons une décision ferme le 20 janvier. Une décision d’ouverture prononcée 10 jours avant le 30 janvier est en effet le seul moyen de relancer une dynamique de réservation pour réussir un mois de février qui certes pèse 40% des recettes d’une année normale, mais qui est déjà amputé de la clientèle étrangère (30% de la fréquentation va manquer) et entachée de la fermeture des restaurants, bars et discothèques » déclare Alex Maulin président de Domaines Skiables de France. Début janvier, Domaines Skiables de France a fait des propositions concrètes pour nourrir l’ambition du
gouvernement « d’ouvertures progressives à partir du 7 janvier ». Les premières autorisations d’ouverture pourraient par exemple être données dès cette fin de semaine suivant la situation sanitaire de chaque département, et conformément au protocole sanitaire très strict que le gouvernement a validé pour les stations. Là encore le gouvernement, n’a pas daigné étudier la question ni concerter les conditions possibles des premières autorisations.

À quelques semaines des vacances de février, ces autorisations d’ouvertures étaient importantes pour remettre en route les stations, envoyer un signal pour les réservations de février, et surtout montrer par l’exemple que les protocoles sanitaires mis en place sont efficaces et que le ski, sport de plein air, n’est  pas une activité à risque. En Europe, la Suisse, l’Espagne et l’Andorre ont déjà prouvé cet hiver qu’avec des protocoles sanitaires adaptés l’ouverture des remontées mécaniques n’amplifie pas la circulation du virus. Après l’Andorre, l’Italie a annoncé l’ouverture prochaine de ses remontées mécaniques. 

On retiendra que nos responsables politiques et leurs « experts » persistent à penser qu’il est préférable de sacrifier toute une économie qui représente 140 000 emplois et 10% du tourisme français plutôt que d’évaluer sérieusement avec les acteurs de la montagne comment travailler en concertation et sauver ce qui peut l’être au cas par cas, département par département.

 

"2021 sera l'année de l'espérance". C'est ainsi que le Premier Ministre Jean Castex a débuté sa conférence de presse ce jeudi. Après un rappel de la situation épidémique en France, avec notamment ce chiffre : environ 15 000 cas détectés par jour actuellement, trois fois plus que l'objectif du gouvernement qui est 5000 contaminations par jour. Jean Castex a signalé que la pression sur nos hôpitaux reste très forte. "Un lit de réanimation sur deux est occupé par un malade de la Covid". Les régions à l'Est du pays semblent être plus touchées, ce qui justifie la mesure prise par le gouvernement le week-end dernier visant à mettre en place un couvre-feu avancé. Le Premier Ministre a fait part aussi de l'attention toute particulière du gouvernement portée sur les nouvelles souches du virus, apparues ces dernières semaines au Royaume-Uni et en Afrique du Sud. Peu d'informations sont disponibles à ce jour sur la nouvelle souche sud-africaine, en revanche la souche anglaise serait elle bien plus contagieuse, sans présenter nécessairement des symptômes plus graves. 13 personnes contaminées par cette nouvelle souche sont connues à ce jour dans l'Hexagone. Comme l'a rappelé le Ministre de la Santé Olivier Véran, un des objectifs du gouvernement est d'éviter la propagation de ces variants anglais et sud-africain. 

Ce qui est fermé le restera

"Il n'est donc pas question que nous baissions la garde dans les semaines à venir". C'est ainsi qu'introduit ensuite le Premier Ministre Jean Castex la suite de son allocution. "Toutes les activités, tous les établissements qui sont aujourd'hui fermés le resteront encore dans les semaines à venir". Aucune évolution à ce jour n'est possible. La prochaine échéance pour le gouvernement se situe le 20 janvier prochain. Idem pour les remontées mécaniques, il va encore falloir patienter. Selon le Premier ministre, il serait prématuré de prendre une décision à ce jour. Comme pour le monde de la culture, la prochaine échéance décisionnelle se situe le 20 janvier prochain, à deux semaines du début des vacances d'hiver que le gouvernement espère encore sauver.

Quant aux bars, restaurants, salles de sports... pas d'espérance jusqu'à au moins la mi-février.

En ce qui concerne le couvre-feu avancé, il s'appliquera au moins encore pour les 15 prochains jours. Si constat est fait qu'il est nécessaire de renforcer ces mesures et les appliquer dans de nouveaux territoires, c'est une décision qui pourrait alors être prise d'ici dimanche et cela concerne directement les Alpes de Haute-provence qui font parti des 10 départements supplémentaires concernés.

"Jusqu’au 20 janvier, le couvre-feu à 20 heures est prolongé. 10 départements supplémentaires ont été identifiés où pourrait également se poser la question d'une mise en œuvre du couvre-feu avancé à 18 heures. Les préfets vont conduire les concertations avec les élus de ces territoires et, en fonction de leur retour, des décisions seront prises pour entrer en vigueur à compter de dimanche", annonce Jean Castex.

 

Les annonces du Premier Ministre

LE COUVRE-FEU PROLONGÉ JUSQU'AU 20 JANVIER

"Jusqu’au 20 janvier, nous prolongeons le régime de couvre-feu à 20h", annonce le Premier ministre. "Depuis samedi dernier, il a été avancé à 18h dans 15 départements où nous avons observé une reprise particulièrement sensible de la circulation virale, avec un taux d’incidence de plus de 200 cas pour 100 000 habitants. Cette mesure s’appliquera au moins 15 jours." Par ailleurs, dix départements supplémentaires de l'Est de la France pourraient entrer en couvre-feu à 18h dès dimanche.(dont les Alpes de Haute-provence)

 

"LES MUSÉES ET LES THÉATRES NE CONNAÎTRONT AUCUN ASSOUPLISSEMENT"

"La pression sur notre système de santé reste élevée et nous ne sommes toujours pas sortis d’affaire : nous devons retrouver une dynamique de baisse. C’est la condition pour reprendre le contrôle de l’épidémie", indique le Premier ministre Jean Castex.

"Pour y parvenir, cela me conduit à arrêter les dispositions suivantes. Premièrement, toutes les activités, tous les établissements, tous les équipements qui sont aujourd’hui fermés, le resteront encore jusqu’à la fin du mois. Les musées, les cinémas, les théâtres, les salles de spectacle, les équipements sportifs ou de loisirs ne connaîtront dans les semaines qui viennent aucun assouplissement. Nous referons un point le 20 janvier prochain, afin d’examiner alors, en fonction de la situation sanitaire, s’il est possible de confirmer la possibilité et les conditions d’une reprise de l’activité à partir de début février.

Les lieux culturels, établissements et équipements sportifs actuellement fermés le resteront jusqu'à la fin du mois au moins, a prévenu le Premier ministre. "La perspective d'une réouverture des bars et des restaurants n'est pas réaliste (...) jusqu'à la mi-février", a aussi ajouté Jean Castex.

LES STATIONS DE SKI RESTENT FERMÉES

"Les remontées mécaniques ne pourront pas rouvrir tout de suite", annonce Jean Castex. "Nous ferons donc un point le 20 janvier, à deux semaines du début des vacances scolaires."

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