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Alpes de Haute-Provence / Barrême : le suicide de Jean-Pascal Vernet reconnu imputable au service par l'inspection académique

Il s'agit d'une première victoire. Le suicide de Jean-Pascal Vernet a été reconnu imputable au service par l'inspection académique. Cet instituteur des Alpes de Haute-Provence avait mis fin à ses jours le 2 mai 2019. Un drame survenu dans le petit village de Barrême seulement deux jours après avoir été suspendu "à titre conservatoire" par l'Education Nationale. En cause, une erreur de "copier-coller". Une tragédie qui avait provoqué beaucoup d'émotions sur tout le territoire.

Il avait 32 ans. Jean-Pascal Vernet a mis fin à ses jours, il y a maintenant un an et demi, le 2 mai 2019. Il enseignait dans une classe de maternelle de l'école Victor-Hugo dans la commune de Barrême. Un village de près de 500 habitants.

C'est, deux jours plus tôt, le mardi 30 avril au matin que tout a basculé. Jean-Pascal Vernet a appris être suspendu "à titre conservatoire" par l'Education Nationale pour la "suspicion d'attitude déviante", avant d'être convoqué dans l'après-midi. En cause, une plainte de parents d'élèves. Il aurait notamment écrit sur le cahier de l'une de ses élèves "Bravo ma princesse".

C'est en rentrant chez lui, quelques heures plus tard, qu'il avait découvert dans un courrier qu'il avait été "mis en examen et placé sous contrôle judiciaire". Sauf, qu'il ne l'avait jamais été. Il s'agissait tout simplement d'une erreur de copier-coller, visant une autre affaire distincte survenue à Entrevaux. Le professeur avait été, lui, mis en examen en 2018 pour des faits présumés de corruption de mineurs de moins de 15 ans.

Une erreur reconnue par l'inspection académique qui a envoyé une lettre rectificative deux jours plus tard, le vendredi 2 mai. Une lettre arrivée beaucoup trop tard puisque ce jour-là... Jean-Pascal Vernet a mis fin à ses jours à son domicile.

Après une enquête menée par le CHSCT, l'inspection académique a reconnu, en décembre dernier, l'imputabilité au service de l'instituteur. L'information communiquée par la famille a été dévoilée par l'un des membres du collectif "Plus jamais ça" sur les réseaux sociaux.

Une première victoire dans ce long combat entamé depuis maintenant un an et demi. Tous souhaitent aujourd'hui rétablir la mémoire de Jean-Pascal Vernet et obtenir justice.

Une information judiciaire pour "homicide volontaire, non-assistance à personne en danger, harcèlement et dénonciation calomnieuse" est toujours en cours.

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