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Injection de ciment à l'hôpital de Gap : Pour sa mère, le champion de natation Alain Bernard lance un appel à rejoindre le collectif

L'affaire de l'injection de ciment à l'hôpital de Gap entre 2015 et 2017 fait la une une nouvelle fois : cette fois c'est Alain Bernard Double champion olympique de natation, premier nageur français à avoir décroché l'or sur le 100 m nage libre aux JO de Pékin en 2008, qui se lance dans le combat pour sa mère qui vit à Chateauvieux près de Gap dans les Hautes-Alpes.

Comme le révèle le Parisien sous la plume de Serge Pueyo, le champion lance un appel aux victimes à rejoindre le collectif qui mène une procédure judiciaire.  La mère du champion olympique, Eliane Bernard, fait partie en effet de la centaine de patients opérés entre 2015 et 2017 à l’hôpital de Gap par le  chirurgien soupçonné d’avoir testé un protocole sans prévenir ses patients.

Alain Bernard a donc décidé de se battre, pour sa mère, mais aussi pour les nombreux patients qui ont subi le même sort qu'elle. « J'appelle toutes les victimes à se regrouper au sein d'un collectif. Pour témoigner de leurs souffrances et faire valoir leurs droits », explique l'ancien champion olympique, qui s'exprime pour la première fois sur ce délicat dossier.

Un épisode de plus dans cette affaire qui divise le corps médical

 

Une pétition a en effet été  lancée pour soutenir le docteur Norotte, suspendu après ses tests d'injections de ciment sur ses patients.   ici

Et dans le même temps le chirurgien a été suspendu  par les autorités médicales pour avoir expérimenté cette technique non validée en France. 

Le Centre National de Gestion des praticiens hospitaliers a pris cette décision le 1er février dernier. Gilles Norotte ne peut donc désormais plus exercer pour une durée d’au moins 6 mois. Six patients ont d'ores et déjà porté plainte. Ils expliquent ne pas avoir été prévenus avant leur opération. Un grand nombre d'entre eux expliquent souffrir et avoir des séquelles. En effet, du ciment aurait fui des disques de leur colonne et provoqué des complications au niveau des nerfs et des artères, pouvant entraîner une hémorragie.

Le chirurgien a eu recours à la "cimentoplastie discale". Il a injecté du ciment les disques de la colonne vertébrale de ses patients entre 2015 et 2017 afin de les renforcer. 

Et nous avions justement reçu, il y a quelques mois, le docteur Norotte. Il demeure convaincu du bien-fondé de son travail et d’ailleurs, la quasi-totalité des chirurgiens de l’hôpital de Gap sont solidaires avec lui :

Articles précédents :

La direction du Chicas de Gap a tenu à réagir ce jeudi, après la parution d'une enquête menée par le journaliste Serge Pueyo (RTL et Le Parisien), concernant la pratique de cimentoplastie discale opérée par le chirurgien Gilles Norotte entre 2015 et 2017. Cette technique a été signalée, selon le Chicas, en avril 2018, qui a déclenché une enquête interne par la Direction, ainsi qu'une expertise de l'Agence régionale de santé. Selon les résultats, la technique a été suspendue fin 2017 par le praticien, suspension finalement prolongée par la direction et l'ARS en attendant les conclusions, pas encore connues ce jour.

La direction du Chicas assure que le praticien a agi en considérant :
- la sécurité des patients, en suspendant la pratique chirurgicale dénoncée ;
- la continuité des soins au sein du service de chirurgie orthopédique.

Gilles Norotte, le praticien concerné, sera notre invité ce jeudi soir dans le JT D!CI TV et dans D!CIDEUR.

 

Communiqué du Chicas de Gap :

Par voie de presse, des informations ont été diffusées concernant la technique de « cimentoplastie discale » utilisée entre 2015 et 2017 par un praticien hospitalier du service de chirurgie orthopédique du Centre hospitalier intercommunal des Alpes du Sud (CHICAS).

Cette technique a fait l’objet d’un signalement auprès de la Direction du CHICAS en avril 2018. Une enquête administrative interne a été déclenchée par la Direction dès réception du signalement. La Direction du CHICAS a également demandé en juin 2018 une expertise extérieure auprès de l’Agence
Régionale de Santé PACA.

Il apparait que la technique a été suspendue par le praticien concerné fin 2017. La Direction du CHICAS et la Direction de l’ARS PACA ont donné une consigne de poursuite de suspension dans l’attente des conclusions concernant cette technique. Cette dernière fait actuellement l’objet de plusieurs instructions dont les conclusions définitives ne sont pas connues à ce jour.

Dans l’attente, il ne peut être qu’invité à la plus grande prudence quant au jugement à porter à cet égard et au respect de la confidentialité et de la sérénité liée aux enquêtes et procédures en cours.

Le CHICAS souhaite préciser qu’il a agi en considérant :
- la sécurité des patients, en suspendant la pratique chirurgicale dénoncée ;
- la continuité des soins au sein du service de chirurgie orthopédique.

Nous tenons à assurer aux patients que l’ensemble des dispositions nécessaires ont été prises par le CHICAS pour traiter ce sujet et s’en remettre aux autorités habilitées.

Le CHICAS tient à apporter tout son soutien à l’équipe de chirurgie orthopédique qui assure avec compétence et engagement la continuité et la sécurité des soins auprès des patients.

 

Rappel des faits :

Une centaine de personne aurait servi de cobayes à un chirurgien de Gap, le docteur Gilles N. est en effet accusé d'avoir testé une technique illégale en France qui consiste à injecter un ciment dans les disques de la colonne vertébrale de ses patients. Suivant l'enquête de Serge Pueyo de RTL, le procureur de Gap vient de saisir l'Office Central de Lutte contre les Atteintes à l'Environnement et à la Santé Publique (OCLAESP) à la suite de ces graves accusations lancées par un confrère du chirurgien accusé. Dans les faits, en France, on peut injecter une sorte de résine dans des vertèbres fragilisées pour les renforcer. Or le docteur a lui injecté ce "ciment" directement dans les disques de la colonne. Ce sont une centaine de personnes qui auraient été sujettes à ces expériences sans le savoir. Une opération qui qui peut provoquer des complications au niveau des nerfs, des artères. Avec un risque vital en cas d’hémorragie. A noter que selon RTL le docteur N. (accusé de ces actes) continue d'exercer, alors que le lanceur d'alerte a de son côté était suspendu.

Le témoignage de Bruno, une des victimes,  qui a porté plainte : 

(Propos recueillis par Serge Pueyo ) 

De son côté le médecin lanceur d'alerte reste dans l'incompréhension face à cette situation : 

L'article de RTL et l'enquête de Serge Pueyo:

Le procureur de Gap vient de saisir l'Office Central de Lutte contre les Atteintes à l'Environnement et à la Santé Publique (OCLAESP) à la suite des graves accusations lancées par un chirurgien de l’hôpital de Gap à l'encontre d'un de ses confrères à qui il reproche d'avoir utilisé une centaine de patients comme "des cobayes" pour expérimenter une technique chirurgicale non validée en France.

Début 2018, alors qu'il est chef du service de chirurgie orthopédique et traumatologique de l’hôpital de Gap, le Docteur Raouf Hammami, 52 ans, dit avoir découvert que le docteur Gilles N. "a joué à l'apprenti sorcier avec une centaine de patients souffrant de problèmes de dos".

"Je suis tombé sur une étude menée entre 2015 et 2017 par ce collègue chirurgien, spécialiste du rachis, qui a expérimenté sur 87 patients une nouvelle technique, 'la cimentoplastie discale', en dehors de tout cadre légal. En France, on peut injecter du ciment ( en fait une sorte de résine) dans des vertèbres fragilisées pour les renforcer. Or le docteur N. a lui injecté ce ciment directement dans les disques de la colonne. Il peut y avoir des fuites de ciment et des complications au niveau des nerfs, des artères. Avec un risque vital en cas d’hémorragie", estime le docteur Hammami.

Ce dernier alerte donc le directeur de l’hôpital, l'Agence Régionale de Santé (ARS), le Conseil de l'ordre mais aussi le procureur. Pour "faute grave délibérée" et "mise en danger de la vie d'autrui".

L'ARS demande une expertise à deux professeurs de médecine de Nancy. Leurs conclusions sont accablantes : "Il apparaît que le Docteur N. a utilisé une technique non conforme aux données de la science chirurgicale au moment des faits. Le Docteur N. aurait dû demander l'avis d'un comité d'éthique ou d'un CPP (Comité de Protection des Personnes)". Et d'ajouter : "Conformément à la loi du 4 mars 2002, le docteur N. aurait dû pour chaque patient expliquer à ceux-ci de façon claire, intelligible et loyale, l'aspect dit 'novateur' de la technique qu'il devait utiliser".

La Société Française de Chirurgie Rachidienne a elle aussi conclu "qu'en l'état actuel des connaissances, la technique de la Cimentoplastie Discale devait être considérée comme non validée en France". 

 

Au total, c'est une centaine de patients qui aurait "expérimenté" cette technique, à leur insu. Le docteur Gilles N. n'a pas souhaité répondre aux questions de RTL. "Mon client considère que la technique de la cimentoplastie discale n'était pas innovante, qu'elle a été utilisée par d'autres confrères, notamment à l'étranger, mais aussi présentée dans des congrès médicaux", explique son avocat, Maitre Alexis Chabert.

Bruno Chevalier, un chauffeur de car 53 ans, a été opéré en juillet 2016 par le docteur Gilles N. pour un affaissement de la colonne. "Depuis l'opération, j'ai beaucoup de douleurs. J'ai du mal à marcher. J'ai même été reconnu comme travailleur handicapé à 80%. J'ai dû être réopéré pour que l'on me retire le ciment qui a débordé. Mais aujourd'hui, il en reste encore. J'ai été pris pour un cobaye par le Docteur N. qui ne m'a jamais dit qu'il allait utiliser sur moi une nouvelle technique".

Autre aspect étonnant de ce dossier : alors que le docteur N. continue d'exercer, le lanceur d'alerte, le docteur Hammami, est lui suspendu. "On veut me faire taire, m'éliminer, car cette affaire risque d'éclabousser beaucoup de monde. Mais j'irai jusqu'au bout", explique-t-il.

Source RTL 

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