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Mis en cause à présent par le champion Alain Bernard : "Non je ne suis pas un Frankenstein au fond des Hautes-Alpes", a expliqué Dr. Norotte

L'ancien champion olympique de natation , Alain Bernard, a donc lancé un cri du coeur dans Le Parisien ce lundi , pour venir en aide à sa maman Eliane,71 ans ,  qui vit à Chateauvieux près de gap et qui a été "cobaye non désirée" du docteur Norotte de l'hôpital de Gap en 2017. Celui-ci lui , comme a d'autre patients pendant cette période, lui a injecté du ciment dans la colonne vertébrale. Le chirurgien gapençais est aujourd'hui suspendu et fait l'objet d'une enquête ouverte par le procureur de Gap mais il est aussi soutenu par beaucoup dont de nombreux membres du mode médical.

La maman de l'ancien double champion olympique de natation souffrait d'une hernie discale. Elle est donc passée entre les mains du spécialiste controversé, qui a décidé d'opérer afin d'éviter des complications. Eliane Bernard raconte dans les colonnes du Parisien : "A aucun moment il ne m'a précisé qu'il allait utiliser une nouvelle technique chirurgicale. Je n'ai jamais signé aucun document en ce sens. Il a agi sans mon consentement". C'est ce qui serait arrivé à de nombreux autres patients, entre 2015 et 2017. Opérée en février 2017, la maman de l'ancien nageur réputé a souffert de fortes douleurs dès le mois suivant. Inquiète, elle a consulté un autre chirurgien quelques mois plus tard et a été de nouveau opéré à Béziers. Mais les conséquences du premier acte sont quasiment irréversibles. "J'ai des douleurs la nuit, le matin, au réveil. Pour me lever, c'est compliqué. Quand je marche, dès que ça monte, je suis obligée de m'arrêter. C'est un gros handicap", se désole--t-elle.

L'opération effectuée par le docteur Norotte consistait notamment en une injection... de ciment. En jargon médical, on parle de cimentoplastie discale. Une technique jugée "non conforme" et non validée en France. "Il m'a cimenté cinq disques", regrette Eliane Bernard. Sauf qu'à l'instar d'autres patients, des fuites se seraient déclarées peu de temps après. De son côté, Alain Bernard, qui a créé aux côtés des siens un collectif visant à venir en aides aux victimes présumées du chirurgien pour obtenir Justice, est très inquiet pour sa maman. "Je lui dois tout, rappelle-t-il. C'est elle qui m'a accompagné tout petit pour apprendre à nager (...) Il est donc insoutenable pour moi de la voir souffrir comme ça. Et surtout, de ne pas avoir de solutions pour la soulager, à part une nouvelle opération. Mais à son âge, avec les risques du Covid dans les hôpitaux, les cliniques, c'est hyper anxiogène". Voilà pourquoi il lance un cri du coeur pour amener les ex-patients du docteur mis en cause à se réunir sous une même bannière et faire valoir leurs droits. Pour l'heure, 14 autres patient du chirurgien ont rejoint les rangs du collectif.

Voilà pour les entiment des plaignants.

Quant au chirurgien que dit-il de cette polémique qui, comme on l'imagine, lui détruit la vie.

La réponse est sèche et argumentée. Mis en cause pour avoir injecté du ciment dans le dos de ses patients, le docteur Gilles Norotte, chirurgien à l'hôpital de gap nous a répondu il y a quelques semaines et il a donné l'impression de jouer cartes sur table.
'Je ne suis pas un Frankenstein caché au fond des Hautes-Alpes" assène-t-il en décrivant à mots choisis mais sévères le comportement de son ex-collègue chirurgien, le docteur Hamami, qui l'a mis en cause et qui a engagé cette procédure argumentant que la technique de cimentoplastie discale utilisée entre 2015 et 2017 par le Docteur Norotte n’était pas légale et dangereuse. Le Dr. Amani, actuellement chirurgien militaire au Tchad, ajoutait même que ces patient auraient été des cobayes d'expérimentations illégales (entretien ci-dessous du Parisien-RTL). On le sait, une enquête a été engagée (cf. ci-dessous) et le Dr. Norotte, chirurgien depuis plus de trente ans à l'hôpital de Gap a décidé de répondre et il a choisi le JT de D!CI TV pour le faire.

Au micro de Jean-Marc Passeron, il donne sa version des faits : il aurait utilisé cette pratique, comme bon nombre d'éminents chirurgiens, mais elle n'avait rien d'illégal selon lui. Ces chirurgiens sont des habitués des "trucs et astuces" qui ne requièrent pas de validation comme pour les médicaments. Pour autant, il a arrêté cette pratique en présentant des interrogations autour de lui. Mais le chirurgien, qui n'a jamais eu de plainté déposée contre lui de sa carrière selon ses dires, signe l'origine de tout ce problème et il n'y va pas avec le dos de la cuillère (sans mauvais jeu de mots). Pour lui, son confrère, avec qui il a pourtant travaillé, a un comportement maladif et ses propos tiennent de la diffamation. Vous allez l'entendre, les noms d'oiseau ne manquent pas et l'encontre du Dr. Hamami, le Docteur Norotte rappelant que comme lui , il  est suspendu et doit bientôt paraitre au conseil de discipline. 

Articles précédents :

La direction du Chicas de Gap a tenu à réagir ce jeudi, après la parution d'une enquête menée par le journaliste Serge Pueyo (RTL et Le Parisien), concernant la pratique de cimentoplastie discale opérée par le chirurgien Gilles Norotte entre 2015 et 2017. Cette technique a été signalée, selon le Chicas, en avril 2018, qui a déclenché une enquête interne par la Direction, ainsi qu'une expertise de l'Agence régionale de santé. Selon les résultats, la technique a été suspendue fin 2017 par le praticien, suspension finalement prolongée par la direction et l'ARS en attendant les conclusions, pas encore connues ce jour.

La direction du Chicas assure que le praticien a agi en considérant :
- la sécurité des patients, en suspendant la pratique chirurgicale dénoncée ;
- la continuité des soins au sein du service de chirurgie orthopédique.

Gilles Norotte, le praticien concerné, sera notre invité ce jeudi soir dans le JT D!CI TV et dans D!CIDEUR.

 

Communiqué du Chicas de Gap :

Par voie de presse, des informations ont été diffusées concernant la technique de « cimentoplastie discale » utilisée entre 2015 et 2017 par un praticien hospitalier du service de chirurgie orthopédique du Centre hospitalier intercommunal des Alpes du Sud (CHICAS).

Cette technique a fait l’objet d’un signalement auprès de la Direction du CHICAS en avril 2018. Une enquête administrative interne a été déclenchée par la Direction dès réception du signalement. La Direction du CHICAS a également demandé en juin 2018 une expertise extérieure auprès de l’Agence
Régionale de Santé PACA.

Il apparait que la technique a été suspendue par le praticien concerné fin 2017. La Direction du CHICAS et la Direction de l’ARS PACA ont donné une consigne de poursuite de suspension dans l’attente des conclusions concernant cette technique. Cette dernière fait actuellement l’objet de plusieurs instructions dont les conclusions définitives ne sont pas connues à ce jour.

Dans l’attente, il ne peut être qu’invité à la plus grande prudence quant au jugement à porter à cet égard et au respect de la confidentialité et de la sérénité liée aux enquêtes et procédures en cours.

Le CHICAS souhaite préciser qu’il a agi en considérant :
- la sécurité des patients, en suspendant la pratique chirurgicale dénoncée ;
- la continuité des soins au sein du service de chirurgie orthopédique.

Nous tenons à assurer aux patients que l’ensemble des dispositions nécessaires ont été prises par le CHICAS pour traiter ce sujet et s’en remettre aux autorités habilitées.

Le CHICAS tient à apporter tout son soutien à l’équipe de chirurgie orthopédique qui assure avec compétence et engagement la continuité et la sécurité des soins auprès des patients.

 

Rappel des faits :

Une centaine de personne aurait servi de cobayes à un chirurgien de Gap, le docteur Gilles N. est en effet accusé d'avoir testé une technique illégale en France qui consiste à injecter un ciment dans les disques de la colonne vertébrale de ses patients. Suivant l'enquête de Serge Pueyo de RTL, le procureur de Gap vient de saisir l'Office Central de Lutte contre les Atteintes à l'Environnement et à la Santé Publique (OCLAESP) à la suite de ces graves accusations lancées par un confrère du chirurgien accusé. Dans les faits, en France, on peut injecter une sorte de résine dans des vertèbres fragilisées pour les renforcer. Or le docteur a lui injecté ce "ciment" directement dans les disques de la colonne. Ce sont une centaine de personnes qui auraient été sujettes à ces expériences sans le savoir. Une opération qui qui peut provoquer des complications au niveau des nerfs, des artères. Avec un risque vital en cas d’hémorragie. A noter que selon RTL le docteur N. (accusé de ces actes) continue d'exercer, alors que le lanceur d'alerte a de son côté était suspendu.

Le témoignage de Bruno, une des victimes,  qui a porté plainte : 

(Propos recueillis par Serge Pueyo ) 

De son côté le médecin lanceur d'alerte reste dans l'incompréhension face à cette situation : 

L'article de RTL et l'enquête de Serge Pueyo:

Le procureur de Gap vient de saisir l'Office Central de Lutte contre les Atteintes à l'Environnement et à la Santé Publique (OCLAESP) à la suite des graves accusations lancées par un chirurgien de l’hôpital de Gap à l'encontre d'un de ses confrères à qui il reproche d'avoir utilisé une centaine de patients comme "des cobayes" pour expérimenter une technique chirurgicale non validée en France.

Début 2018, alors qu'il est chef du service de chirurgie orthopédique et traumatologique de l’hôpital de Gap, le Docteur Raouf Hammami, 52 ans, dit avoir découvert que le docteur Gilles N. "a joué à l'apprenti sorcier avec une centaine de patients souffrant de problèmes de dos".

"Je suis tombé sur une étude menée entre 2015 et 2017 par ce collègue chirurgien, spécialiste du rachis, qui a expérimenté sur 87 patients une nouvelle technique, 'la cimentoplastie discale', en dehors de tout cadre légal. En France, on peut injecter du ciment ( en fait une sorte de résine) dans des vertèbres fragilisées pour les renforcer. Or le docteur N. a lui injecté ce ciment directement dans les disques de la colonne. Il peut y avoir des fuites de ciment et des complications au niveau des nerfs, des artères. Avec un risque vital en cas d’hémorragie", estime le docteur Hammami.

Ce dernier alerte donc le directeur de l’hôpital, l'Agence Régionale de Santé (ARS), le Conseil de l'ordre mais aussi le procureur. Pour "faute grave délibérée" et "mise en danger de la vie d'autrui".

L'ARS demande une expertise à deux professeurs de médecine de Nancy. Leurs conclusions sont accablantes : "Il apparaît que le Docteur N. a utilisé une technique non conforme aux données de la science chirurgicale au moment des faits. Le Docteur N. aurait dû demander l'avis d'un comité d'éthique ou d'un CPP (Comité de Protection des Personnes)". Et d'ajouter : "Conformément à la loi du 4 mars 2002, le docteur N. aurait dû pour chaque patient expliquer à ceux-ci de façon claire, intelligible et loyale, l'aspect dit 'novateur' de la technique qu'il devait utiliser".

La Société Française de Chirurgie Rachidienne a elle aussi conclu "qu'en l'état actuel des connaissances, la technique de la Cimentoplastie Discale devait être considérée comme non validée en France". 

 

Au total, c'est une centaine de patients qui aurait "expérimenté" cette technique, à leur insu. Le docteur Gilles N. n'a pas souhaité répondre aux questions de RTL. "Mon client considère que la technique de la cimentoplastie discale n'était pas innovante, qu'elle a été utilisée par d'autres confrères, notamment à l'étranger, mais aussi présentée dans des congrès médicaux", explique son avocat, Maitre Alexis Chabert.

Bruno Chevalier, un chauffeur de car 53 ans, a été opéré en juillet 2016 par le docteur Gilles N. pour un affaissement de la colonne. "Depuis l'opération, j'ai beaucoup de douleurs. J'ai du mal à marcher. J'ai même été reconnu comme travailleur handicapé à 80%. J'ai dû être réopéré pour que l'on me retire le ciment qui a débordé. Mais aujourd'hui, il en reste encore. J'ai été pris pour un cobaye par le Docteur N. qui ne m'a jamais dit qu'il allait utiliser sur moi une nouvelle technique".

Autre aspect étonnant de ce dossier : alors que le docteur N. continue d'exercer, le lanceur d'alerte, le docteur Hammami, est lui suspendu. "On veut me faire taire, m'éliminer, car cette affaire risque d'éclabousser beaucoup de monde. Mais j'irai jusqu'au bout", explique-t-il.

Source RTL 

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